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Vous savez ces choses qu’on fait comme ça, comme elles viennent, sans agenda?

Une chose à savoir à mon sujet est que je suis une obsédée de l’organisation. Mais vraiment. Chaque soir, je prépare ma journée du lendemain de façon assez détaillée. Je pense qu’on ne va nulle part si on n’est pas organisée. Mais j’ai aussi appris qu’être adulte, c’est apprendre à tenir ensemble deux choses qui se contredisent en apparence. Comme  :être organisée et adorer les espaces sans agenda, les préserver jalousement, les cultiver. C’est là que jaillissent la vie, l’inspiration, les étincelles. Pour ma part, je suis convaincue qu’elles jaillissent parce que par ailleurs, mes journées sont organisées. Je jouis d’espace libre comme d’une pluie un jour d’été. Trop de pluie, ça donne un été pourri, pas assez et tout s’assèche. Un équilibre à trouver. En ce qui me concerne, un « No agenda » sera ma prochaine ligne dans… mon agenda!

Voici un article un peu plus personnel, puisque j’aimerais vous parler du rapport à mon corps. Depuis quelques mois, je suis devenue particulièrement sensible à la honte et à la violence qui peut s’y glisser. Comme chacun, j’y ai bien sûr été confrontée depuis pratiquement toujours, mais la ménopause est venue accélérer ce phénomène. Mon apparence a changé de façon importante et très rapide. J’ai dû apprivoiser un nouveau corps, aka de nombreux kilos supplémentaires en quelques mois. Ça a été un choc. J’ai eu le sentiment de passer par une seconde adolescence, mais en moins sexy. J’ai dû résister à une envie de détestation de mon corps, sans y parvenir toujours.

Injonction de la minceur

Les injonctions à la minceur font que je vis mal les rondeurs qui s’installent et ma silhouette qui s’épaissit. J’ai le sentiment quelque part de ne pas être à la hauteur, de ne pas être suffisante. Et c’est terrifiant quand on y pense. Je n’ose imaginer ce que doivent ressentir et depuis toujours les personnes avec un handicap. J’imagine qu’ils ont fait le chemin le plus dur, ce chemin profond, loin des messages superficiels de notre société : reconnaître notre humanité, reconnaître notre droit inaltérable d’exister, percevoir sa propre valeur au delà de l’apparence, reconnaître le divin en soi. C’est un chemin silencieux, solitaire et profond. Très. Et long. Tellement long pour une société qui prône l’immédiateté. C’est aller à contre-courant. C’est faire le job. Sans publicité, avec souffrance, sans reconnaissance, mais avec ce qu’il y a de plus précieux en soi : son humanité. Voilà ce que m’amènent à penser quelques (peut-être un peu plus) kilos de plus…

Les réseaux sociaux

Si on critique souvent les réseaux sociaux pour leur rôle négatif dans la perception de soi par rapport aux autres, j’ai, dans ce cas, découvert tout un mouvement de « body positive » (soit, et ce sont là les limites du français, « corps positif ») qui combat les injonctions et les canons de beauté dont nous sommes bombardés. Ces femmes (voir liens ci-dessous) sont des militantes qui font preuve de courage et d’audace en affichant leur corps et leurs rondeurs sans complexe. Je suis une Suissesse en vrai et par nature, mais ça ne m’empêche pas de penser que, parfois, il faut des révolutions pour faire avancer une cause. On a besoin de militantes pour faire bouger les lignes J’ai trouvé dans ce mouvement un encouragement à m’accepter moi et mon corps changeant. J’ai beau me dire qu’on a le droit d’exister même si on est gros, vieux ou moche, n’empêche que les messages absorbés depuis toujours me font en douter trop souvent. Et ce n’est pas acceptable. Non, ce n’est pas acceptable de juger une personne sur son physique ou sur sa taille. On est beaucoup plus que des chiffres sur une balance.

Apprendre à s’accepter

Je n’ai pas une âme de militante. Je doute que je poserai un jour en maillot de bain sur Instagram, assumant mes rondeurs et ma peau d’orange, mais, par contre, je choisis de m’aimer. En douceur. Patiemment. Avec des hauts et des bas, mais aussi avec persévérance. Mon projet couture dérive directement de cette prise de conscience. Puisque le prêt à porter ne semble pas correspondre à mes courbes et que le shopping s’assimile désormais à une corvée, j’ai choisi de me coudre ma garde-robe. Ce n’est pas plus facile, mais c’est tellement plus satisfaisant et excitant. Ça m’aide aussi à me poser plus sérieusement des questions utiles (comme de quoi j’ai envie, quelle coupe me va le mieux,…) et me permet d’adapter les patrons selon mes mensurations! J’ai lu que l’acceptation de son corps, c’est avoir la posture de : comme j’accepte que le ciel soit bleu, j’accepte mon corps tel qu’il est. Tenter d’arrêter la guerre à coups de régime et de sport à outrance. Faire la paix. C’est tout ce à quoi j’aspire. Je pense aussi que c’est nécessaire de faire cette démarche à un moment, une façon d’apprendre à vieillir aussi et à accepter ce corps qui change. Pour moi, c’est le moment ou jamais.

Quelques liens :

  • Une femme qui fait du bien : Stasia Savasuk. Si vous comprenez l’anglais, prenez le temps de voir celle-ci (Ted Talk). Elle fait du bien à l’âme.
  • Côté français, il y a Ely Killeuse. Elle a sorti un livre qui est un succès en libraire.
  • Côté monde anglo-saxon, il y a Meghan Jayne Crabbe et son livre  ou encore Isabel Foxen Duke.
  • Une approche qui m’aide et me soutient est celle de l’alimentation intuitive développée par Evelyn Tribole en particulier. Le livre qui m’a convaincu d’abandonner l’idée de régime.

Pour résumer : nous valons beaucoup plus que notre tour de taille ou de hanche. Ne jamais l’oublier!

Prenons soin de nous! Mireille

 

Réécriture

Depuis la rentrée, je travaille à la réécriture de mon roman. J’ai terminé une première version, un premier jet avant de partir en Angleterre. Une première version est cela, juste une première version. Je l’ai écrit en essayant de tenir l’esprit critique à distance. Il s’agit donc d’une version brute, avec du bon, du moins bon et du mauvais. L’important est d’exister, d’être une base sur laquelle travailler.

J’ai trouvé le passage entre première et seconde versions délicat. Je n’ai aucun métier. Je ne sais souvent pas exactement ce que je fais et encore moins à quoi j’en suis. J’avais conscience d’avoir une base, mais sans plus. Paradoxalement, je découvre que c’est souvent difficile de prendre conscience qu’on a passé un cap. J’ai tendance à dénigrer mon travail. C’est presque plus facile pour moi de vivre avec le sentiment de « ne pas y arriver ». Je l’ai vécu avec le projet de ma garde-robe maison cet été. À un moment, j’ai compris que, oui bien sûr, j’aurais pu encore coudre une robe, un autre pantacourt, mais dans le fond, j’avais ce qu’il fallait. C’était assez. J’y suis arrivée. Ce phénomène s’explique peut-être en partie par ce fameux FOMo, Fear Of Missing Out (= peur de manquer).

Ma ligne d’arrivée

J’ai donc besoin de mettre des balises, de poser de claires lignes d’arrivées. Au moins pour m’assurer que quand je les franchirai, je saurai que je les ai franchies. La mienne, actuellement, est : fin décembre, j’ai terminé ma seconde version. Je n’ai aucune idée si j’y arriverai, mais j’avance. Un pas après l’autre. Parce qu’il n’y a aucune autre façon d’avancer. Pour l’instant donc, je relis. Je pose des questions. Je me dis : comment pourrais-je amener des mystères? Comment développer l’intrigue, en ajouter d’autres, secondaires? Comment épaissir cette histoire, donner plus de chairs aux personnages? Je remplis des petites fiches qui me permettront, j’espère, de pouvoir jouer avec la structure d’une façon plus « physique », d’essayer plusieurs versions.

Ce n’est pas facile de prendre le temps de s’arrêter, de voir ce qu’il y a à faire et de penser calmement à la prochaine étape. C’est plus facile de se dire : «  Je suis nulle, je n’y arriverai jamais, comment ai-je pu imaginer faire une chose pareille, je n’ai pas les compétences, si seulement je… ». Ça, c’est assez facile. Dire : « Ok, j’ai cette histoire, j’ai ce premier jet. Comment je peux l’agencer, jouer avec ces scènes, les développer? », c’est plus de travail. C’est compliqué, ce n’est pas linéaire, c’est plein d’essais, d’erreurs et d’itérations.

L’écriture, un processus lent

La vérité est que l’écriture est un processus lent. La lenteur ne plaît pas à mon esprit critique. Celui-ci veut du résultat. Il veut avancer. Il veut cocher des listes. L’écriture ne lui plaît pas : on ne sait pas si ce qu’on fait est bien (ce n’est jamais assez bien d’ailleurs), il n’y a pas de clairs repères et on ne peut compter sur aucun résultat sûr. Et c’est surtout beaucoup trop lent. Il faut des mois, des années pour écrire une simple histoire. C’est insensé. Insensé pour mon esprit critique en tout cas. Ainsi donc, si prendre son temps semble être la subversion absolue dans un monde de vitesse, je suis subversive. Je me donne le temps d’écrire, de penser, d’élaborer un récit, d’apprendre, de me tromper, de recommencer. À cinquante ans, c’est le moment ou jamais d’oser la subversion, non?

 

J’ai un rapport au temps compliqué. J’en manque toujours et celui que je grappille, je le remplis de choses à faire. Je sens bien que je devrais m’arrêter davantage. Je sais que j’aime infiniment ça : m’arrêter et observer la vie, le monde, mes pensées, les autres. Et pourtant je ne prends pas le temps je ne me donne pas ce temps. Ou quand je me l’autorise, les assauts de culpabilité sont tels que je préfère faire quelque chose que de rester la cible de cette déferlante de critiques.

N’empêche. Je sais que j’ai besoin de m’arrêter, de lever ma tête de mes listes de choses à faire et de regarder le monde, perdre mon temps, ne pas avoir d’agenda ni d’objectifs à atteindre.

Je me suis imaginé un programme fait de très petits pas, l’expérience m’ayant montrée que les grandes manœuvres, dans ce domaine, n’apportaient qu’anxiétés et résistances inutiles. Petits pas donc : cinq minutes par jour. Où la seule chose admissible est de tenir une tasse de café entre mes mains. Cinq minutes pour regarder, écouter, découvrir, s’étonner, voir et observer. Cinq minutes, ça semble réalisable.

Ce soir, je suis sortie dans le jardin et j’ai observé que :

  • On y trouve des pommes (immangeables, mais décoratives)
  • La glycine produit de drôles de fruits allongés et velus
  • Le tilleul commence à jaunir
  • L’écorce du cèdre ressemble à des écailles carrées, ses branches sortent du tronc, toutes maigres. Il y a là quelque chose de disproportionné.
  • Les oiseaux commencent à se rassembler dans le grand arbre de la maison voisine. Leur piaillement me rappelle que c’est la fin de l’été et mon cœur se serre un peu.
  • Il faudra penser à balayer l’allée, les feuilles commencent à tomber.
  • Les pruneaux ont peu donné cette année.
  • Cinq minutes, ça passe vite. Il y a tant à voir et tant de curiosités à suivre.

Je crois que je retournerai au jardin demain… Pour faire mon petit pas et mes observations minuscules…

Prague by Mireille Marchand

An illustration imagined on the return from Prague. While the images of the city with a thousand steeples still floated in my mind. If you want to have Prague on your wall, you can find it here.

And some pictures of my travel diary. For pleasure! And if you wish to watch my short video, you can find it here.


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Voici un billet un peu différent! Ce début d’année, il semble que mes passions créatives me distraient de l’illustration. Pas totalement, mais un peu, oui. Et comme toujours, ces évolutions se font très organiquement, presque par surprise.  En fin d’année passée, après une séance de shopping particulièrement déprimante, j’ai eu une idée un peu folle: et si je me cousais ma garde-robe? Voilà ma réaction face à un prêt à porter qui ne convient pas aux quelques kilos pris ces derniers mois.
Pour ceux qui me connaissent depuis suffisamment longtemps, j’ai déjà cousu beaucoup à une période de ma vie, avant de me lancer dans l’illustration. Je créais des t-shirts originaux que je vendais sur ma boutique Etsy ou dans des boutiques de ma région. Sans beaucoup coudre pour moi, j’ai malgré tout un petit bagage qui a probablement permis à cette idée de germer dans mon esprit.
Ce projet a donc fait son chemin en moi, mais je réalise qu’il me demande plus de temps et d’attention que je m’étais imaginé. Ce qui fait que je  suis moins productive dans mes collages et mes autres illustrations. J’ai d’abord un peu résisté, tenté de mener tout de front, mais je suis arrivée à la conclusion que je voulais mettre la priorité sur ce projet de couture, que ça fait partie d’un processus plus large d’acceptation de moi, une façon de prendre soin de moi. Se sentir bien dans des habits qu’on aime est une jolie façon de le faire. De plus, la période du jardinage commence bientôt et j’ai le projet de planter toute une parcelle de fleurs à couper. Ma pratique du dessin et du collage sera donc moins intensive ces prochaines semaines, mais je sais que j’y reviendrai. J’ai déjà souvent observé ce flux de mes passions qui vont et viennent, mais jamais ni très loin, ni très longtemps. Elles sont à l’image de la vie, toujours changeante et en mouvement. Et c’est bien ainsi. C’est aussi ce qui les rend belles et uniques, parce que vivantes. Je prévois de vous partager ici un peu de ce projet et pourquoi pas quelques trucs et astuces que j’aurai glanés, parce que j’adore ça: partager avec vous.
Une autre de mes passions qui celle-ci est très constante, est de documenter ma vie. J’aime cette façon de suivre les choses qui sont importantes pour moi, sous forme de photos ou de textes. C’est quelque chose qui est devenu très naturel, presque une seconde nature avec le temps. Et j’aime ce petit espace sur la toile pour partager un peu de ce j’aime et qu’on a si peu l’occasion de partager dans la vraie vie.
Me suivrez -vous? Je voudrai bien en tout cas!
A bientôt, Mireille

A Sardines Tin - Collage by Mireille Marchand

Here’s an unusual illustration: a tin of sardines … And why not after all? It was a collage that I liked to do and an illustration that I would see well on the wall of a kitchen. What about you? As usual, we find it here.

A Sardines Tin - Collage by Mireille Marchand

A Sardines Tin - Collage by Mireille MarchandA Sardines Tin - Collage by Mireille Marchand

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Comme je vous l’ai partagé en détails dans ce article, je me suis mise à fond dans le collage depuis début décembre. C’était mon objectif de « remplir tout un carnet de collages ». C’était ma façon de m’encourager à persister tout en ayant un but. J’en ai fait une petite vidéo : venez tourner les pages avec moi.

 

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