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Créativité

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Frustrations

J’écris ce billet parce que je viens juste de prendre conscience de plusieurs choses et j’ai envie de les noter quelque part, espérer que d’une certaine façon, ça m’aide à m’en rappeler.
Je viens, juste là, de finir de préparer un dessert pour une fête de famille demain. Ce qui n’était à l’origine qu’un petit challenge (est-ce que je vais arriver à réaliser une recette que je n’ai jamais tenter), s’est terminé en crise personnelle aiguë durant laquelle des pensées telles que : tu es nulle, tu n’arrives jamais à rien, tu vieillis, tu es comme ta maman, tu ne sais plus cuisiner, tu es une égoïste qui ne se donne même pas de peine pour ta famille, tu t’énerves, tu ne devrais pas t’énerver, tu aurais dû être plus attentive, ton dessert est nul, tu es nulle, ta vie est nulle.
Oui, tout cela parce que je ne suis pas très convaincue, comme ça , a priori, de mon dessert.

Radio-critique

Mais en réalité, cela fait quelques jours que je suis devenue plus sensible à la frustration, que je réagis fort à la moindre contrariétés, que je le prends comme un signe de ma défaillance personnelle. Si j’écoute ces pensées comme toute à l’heure, je comprends un peu mieux pourquoi je me mets dans un état de stress insensé. C’est incroyablement violent. C’est donc cela : un crise d’ego, un de ces moments où mon mental est hyperactif et où radio-critique envoie du lourd.
Et ce n’est en rien étonnant que cela soit maintenant : oui, j’ai un mental actif et très jugeant envers moi-même, mais oui aussi, je vis une période de challenge durant laquelle je dois apprendre beaucoup de choses. Et ce n’est pas facile. C’est même carrément compliqué. Pour l’ego, tout devrait couler de source : on devrait savoir! On devrait gérer. On n’a pas de limite. On devrait être capable de tout en un claquement de doigt. Voilà ce qui rend les apprentissages compliqués : il s’agit de reconnaître ses limites, il s’agit de les repousser, de faire face à un ego tout-puissant hyperactif qui ne va pas vous épargner. Il ne m’épargne pas. Il est dur, il est tyrannique, il est maltraitant. Il me fait me sentir insuffisante et nulle et misérable, alors même que je suis en train d’apprendre, que je fais ce qu’il y a de plus beau et de plus noble dans la vie humaine : progresser, apprendre, suivre ses curiosités, apporter quelque chose au monde.

Sortir de sa zone de confort

J’oublie à chaque fois que je repousse ma zone de confort qu’il y aura des frustrations. Je ne me prépare pas au chaos et quand ça arrive (ça arrive toujours, à un moment, plus au moins tôt dans le processus), je suis démunie. Parce que je ne suis pas préparée aux difficultés à gérer,ou plutôt, je ne suis pas prête à gérer les délais, parce que je veux les gratifications immédiates, parce que je veux des coches sur ma todo liste, parce que je suis une addict du résultat et que je tolère mal le flou, de ne pas savoir. Je veux faire tout et vite, je veux brûler les étapes, je veux d’ailleurs ignorer qu’il y a des étapes et que j’ai besoin de temps. Je veux ignorer mes limites.

Tentatives de stratégies

J’ai développé des stratégies avec les années. Je ne jure que par l’organisation et j’essaie de célébrer les étapes et les accomplissements. Ca marche la plupart du temps, mais il y a des moments où aucun système ne fonctionne. Ce sont ces moments où il faut juste avancer, se débrouiller pour progresser malgré les difficultés et les courbes d’apprentissage qui pourraient nous faire reculer. Essayer d’offrir le moins de résistance, avancer malgré tout. Le chaos comme tout dans l’existence finit par passer. Reconnaître qu’on est là, prendre soin de soi, respirer, se donner du temps et de l’espace.
Dans ces moments-là, au lieu de m’obstiner, j’aimerais essayer plutôt de :
  • M’arrêter
  • Prendre le temps de voir ce qui pose problème
  • Formuler la question
  • Faire de l’espace autour de tout cela
  • Réfléchir calmement à la question
  • Tenter de me poser des questions qui aident, du genre : qu’as-tu besoin d’apprendre, de quoi as-tu besoin pour cet apprentissage, où peux-tu trouver les réponses, de quel espace-temps as-tu besoin, est-ce réalisable maintenant ou dois-tu apprendre d’autres choses avant? Comment peux-tu faire ce pas en arrière et négocier cette étape? (et non « tu devrais savoir, tu n’y arriveras jamais… »)
J’oublie qu’il faut se préparer aux erreurs, aux chaos de tout projet créatif… et puis, je me souviens. Il en va ainsi d’à peu près tout dans l’existence : on y pense, puis on oublie et on y pense à nouveau. On y pense peut-être juste un peu plus vite? Je croise les doigts…

J’ai un rapport au temps compliqué. J’en manque toujours et celui que je grappille, je le remplis de choses à faire. Je sens bien que je devrais m’arrêter davantage. Je sais que j’aime infiniment ça : m’arrêter et observer la vie, le monde, mes pensées, les autres. Et pourtant je ne prends pas le temps je ne me donne pas ce temps. Ou quand je me l’autorise, les assauts de culpabilité sont tels que je préfère faire quelque chose que de rester la cible de cette déferlante de critiques.

N’empêche. Je sais que j’ai besoin de m’arrêter, de lever ma tête de mes listes de choses à faire et de regarder le monde, perdre mon temps, ne pas avoir d’agenda ni d’objectifs à atteindre.

Je me suis imaginé un programme fait de très petits pas, l’expérience m’ayant montrée que les grandes manœuvres, dans ce domaine, n’apportaient qu’anxiétés et résistances inutiles. Petits pas donc : cinq minutes par jour. Où la seule chose admissible est de tenir une tasse de café entre mes mains. Cinq minutes pour regarder, écouter, découvrir, s’étonner, voir et observer. Cinq minutes, ça semble réalisable.

Ce soir, je suis sortie dans le jardin et j’ai observé que :

  • On y trouve des pommes (immangeables, mais décoratives)
  • La glycine produit de drôles de fruits allongés et velus
  • Le tilleul commence à jaunir
  • L’écorce du cèdre ressemble à des écailles carrées, ses branches sortent du tronc, toutes maigres. Il y a là quelque chose de disproportionné.
  • Les oiseaux commencent à se rassembler dans le grand arbre de la maison voisine. Leur piaillement me rappelle que c’est la fin de l’été et mon cœur se serre un peu.
  • Il faudra penser à balayer l’allée, les feuilles commencent à tomber.
  • Les pruneaux ont peu donné cette année.
  • Cinq minutes, ça passe vite. Il y a tant à voir et tant de curiosités à suivre.

Je crois que je retournerai au jardin demain… Pour faire mon petit pas et mes observations minuscules…

Attention et observation by Mireille Marchand

 

Voici un nouvel extrait de mon livre « Un carnet à soi ». C’est un passage d’un chapitre que j’aime de façon spéciale sur l’attention et l’observation, parce que je pense que c’est ce qui est au coeur de notre désir de tenir un carnet : s’arrêter, être attentif, observer et tenter de retenir un peu de tout ça au creux de notre carnet. Voici cet extrait :

 

6. Attention et observation

Introduction

Ce chapitre glissé ici n’a l’air de rien, pourtant il est au cœur de notre pratique. Je crois profondément que si nous avons envie d’un journal à soi, c’est parce que nous aspirons à davantage observer le monde, à davantage être témoin de nos vies, de notre quotidien. On y aspire et on y arrive si peu. Cela semble si facile et ça ne l’est pas. Toute pratique méditative nous fait prendre conscience de la difficulté de notre esprit à être dans l’ici et maintenant et de sa propension à voyager dans le temps, à chasser les dangers, à ruminer, à être partout sauf ici dans le moment.

Pour moi, dessiner est ma méditation la plus puissante. J’ai pu observer ce phénomène un nombre incalculable de fois : mon esprit est agité, je choisis de dessiner, je dessine et je m’apaise. La coordination yeux, main, cerveau fait des miracles. Se focaliser sur un point, ramener son attention en douceur, c’est tout ce que demande la pratique du dessin et cela dilue l’anxiété et le stress. J’ai le sentiment que, quand je dessine, rien ne peut m’atteindre, je suis dans un espace de tranquillité.

Dans un monde où le flux d’images, d’informations et de sollicitations est permanent, ces moments d’attention douce, de focalisation sur les choses simples de la vie sont bienfaisants. Ils ont le pouvoir de nous apaiser, d’approfondir notre rapport au monde aussi. Parce que, pour moi, c’est là que réside la vie, dans ces détails du quotidien, dans ce geste, dans cette lumière, dans cette scène, dans la courbe de cet objet. J’y crois fermement. Tenir un journal est une pratique qui nous connecte avec cela. Avec la vie.

Dans ce chapitre, je vous propose de ralentir un peu, de prendre le temps de vous arrêter ici ou là, de respirer et de regarder, de dessiner parfois, d’écrire peut-être un peu aussi, de prendre quelques notes ou pas du tout. Juste prendre le temps. C’est peu et c’est beaucoup. Pour moi, c’est la chose la plus difficile qui soit et la plus indispensable à la fois. Mais en douceur, tenter d’amener un peu d’attention dans notre quotidien.

Comment pratiquer

Pris dans notre quotidien, nos habitudes et nos schémas de pensées, nous oublions littéralement l’attention. Il faut pratiquement un tremblement de terre pour que nous notions un changement dans notre environnement. Si nous avons voulu tenir un carnet, c’est que de façon peut-être encore confuse, nous avons voulu nous reconnecter à notre environnement, nous relier, remarquer, voir, entendre, sentir, noter. L’habitude de l’inattention est forte. Terriblement forte. Cela nous est utile il est vrai pour fonctionner avec plus d’efficacité. Pourtant notre carnet peut nous permettre de ramener un peu d’attention et faire office de pont. Pratiquer l’attention, c’est calmer l’esprit. Pour calmer l’esprit, il faut calmer le corps, ralentir suffisamment, prendre le temps. Ca a l’air facile, ça ne l’est pas. L’esprit résiste beaucoup à l’attention. Il n’a pas le temps pour cela. Regarder avec attention une fleur? C’est ridicule, ça ne sert à rien, si? Alors, doucement l’amener à cela, parfois, un peu, de temps en temps et réaliser alors qu’on est si bien là. Et un carnet peut nous aider à cela. Un peu est suffisant et fait déjà une différence énorme.

Voilà ce que je vous propose : des excursions-découvertes-explorations. C’est excitant, non? Je sais que je dis souvent que l’enthousiasme mène plus loin que la discipline, mais je reconnais aussi qu’il faut un peu de discipline au début, en tout, histoire de forcer l’habitude, de forcer la porte et d’explorer de nouvelles pistes. Fixez dans votre agenda une heure par semaine à ce genre d’exploration. Ce sera votre sortie d’artiste. Une heure par semaine, imposez-vous de sortir en ville, dans la nature, dans un musée, où vous voulez, mais sortez. Prenez votre carnet avec vous et commencez votre observation. Vous pouvez marcher ou vous installer à un café ou sur un banc à côté de la rivière. Et puis observez. Regardez le monde comme un enfant de cinq ans ou comme un étranger arrivant dans la grande ville. Oubliez cette impression que « vous savez ce qu’il y a là », redécouvrez-le. Regardez. Ecoutez vraiment. Et puis notez. Notez ce qui attire votre attention. Cela permet de ralentir le flux de l’attention. Fixez-vous par exemple sur la couleur de cet arbre et commencez à vous poser quelques questions : quel vert? Plutôt olive, bleu, jaune, brun… Quelles nuances? Et puis l’ombre, comment se dessine-t-elle ? La lumière vient de ce côté, d’accord. Comment cela influence le vert de l’arbre ? Quelle forme ont les feuilles… efforcez-vous de vous attarder sur cet arbre un instant et puis suivez à nouveau le flux de votre attention, accrochez-vous à la prochaine chose qui l’attire. Je conseille de ne pas dessiner tout de suite, juste voir ce qui est d’abord. Et puis à un moment, sortez votre carnet et dessinez. Doucement, tout doucement. Notez ici et là vos observations, les bribes de conversations entendues ou le flux de la conscience de votre esprit bavardant.

 

Voilà! Et c’est une belle façon de finir l’année en douceur et de se laisser glisser vers 2018! Je vous souhaite de douces Fêtes et me réjouis de vous retrouver ici l’année prochaine! Mireille

Esprit critique

 

Un post pour faire suivre à celui de la semaine dernière. C’est mon cadeau de Noël, je publie ici quelques extraits de mon premier livre « Un Carnet à Soi« . Aujourd’hui, j’ai tiré le texte du chapitre consacré à l’esprit critique. En écrivant ce livre, j’ai réalisé que ce chapitre était tellement important. Important parce que l’esprit critique peut à lui seul faire échouer les meilleures volontés et on est souvent très peu conscients de son travail de sape. Alors, voici l’introduction à ce chapitre :

 

7. Esprit critique

Introduction

« C’est nul, tu ne vas pas me dire que tu es content de ce dessin, tu aurais plutôt dû faire autre chose, non mais pour qui tu te prends, pour un artiste, c’est ça, tu ferais mieux de préparer le repas du soir, franchement, regarde ce que font les autres, c’est tellement mieux, tu n’y arriveras jamais, à quoi bon, ça ne sert à rien, c’est nul, tu es nul » Ce monologue vous dit quelque chose? Et ce sentiment de nausée, de mal-être et de tristesse que cela provoque en soi aussi? Voilà le travail du juge intérieur. Il est redoutable, ne pardonne rien, a son avis sur tout et ne se gêne pas pour le donner. Si une page est nulle, c’est que nous sommes nuls. Point. Il est binaire. Nous verrons plus loin que l’on peut apprendre à collaborer de façon plus constructive avec l’esprit critique, mais au départ, il peut tuer notre projet dans l’œuf.

L’esprit critique est ce qu’il y a de plus difficile dans la pratique de l’art. Créer, c’est lui faire face, c’est en prendre parfois violemment conscience. Continuer de créer, c’est apprendre à le gérer. C’est ne pas se laisser arrêter par les échecs, par les erreurs, par les apprentissages, autant de choses que l’esprit critique déteste. Comme il déteste l’inconnu. Ce chapitre est là pour vous préparer. Quand vous créez, l’esprit critique se manifeste, c’est inévitable. Ce n’est pas plus grave que cela. C’est inconfortable, déstabilisant, mais tout l’exercice consiste à ne pas trop le prendre au sérieux. Ce n’est pas parce qu’il juge votre page nulle qu’elle l’est. Vous découvrirez bien souvent que cette même page, quelques jours plus tard vous apparaîtra très différente, pleine de fraîcheur et intéressante.

Je me suis retrouvée au début de ma pratique personnelle très démunie face à l’esprit critique. C’était très violent. J’ai à présent développé quelques tactiques et puis, du mieux que je peux, j’essaie de ne pas lui prêter plus d’attention que ça et de faire mon travail. Une fois qu’on parvient à s’intéresser davantage au processus qu’au résultat à proprement parler, on a franchi une étape importante. Cela signifie que l’esprit critique a moins d’emprise sur nous, parce que lui ne s’intéresse pas au processus. Tout ce qui lui importe, c’est le résultat.

Alors préparons-nous à travers ce chapitre, développons de bonnes habitudes, construisons notre boîte à outils, soyons préparés… et faisons notre travail.

Radio-critique

Ces voix dans la tête, ce genre de fréquence radio-critique qui émet 24 heures sur 24, vous connaissez? Evidemment, vous connaissez! Cette voix qui nous dit :

– Tu ne sais même pas dessiner

– Et si on regardait plutôt la télévision et mangeait du chocolat?

– Non mais franchement, tu te vois avachi devant la télé

– Ce que tu as dessiné/écrit/collé/peint est nul ou pas loin de l’être.

– Ce n’est pas assez bien

– Tu aurais pu faire mieux

– Les autres réussissent mieux que toi

– Tu n’as pas de talent

– Tu perds ton temps

– C’est trop compliqué

– Tu ne sais même pas par où commencer

– Tu n’y arriveras jamais

– De toute façon, tu n’arriveras jamais à rien

– Tu ferais mieux de…

– Tu devrais plutôt…

– Tu ferais mieux de retourner dans ton trou, pour qui tu te prends

Nous sommes tous câblés de la même façon. Cette radio-critique à l’intérieur de soi, chacun l’entend. Si on ne peut pas la supprimer, on peut malgré tout en descendre le volume, ne plus l’écouter autant et même, parfois, se régler sur une autre fréquence. La repérer est déjà énorme. Elle n’est plus autant destructrice quand on la repère. Le danger vient de cette radio au fond de nos têtes qui nous rend tout morose sans que l’on sache bien pourquoi parce que simplement on n’en a pas conscience. C’est pour cela que j’insiste beaucoup là dessus. Parce que j’aimerais beaucoup que vous entamiez ce projet qui fait danser votre cœur et que vous le continuiez. Et je sais que le piège est là.

Honnêtement, j’y tombe encore si souvent ! Alors que je sais. Mais c’est ok. Je repère plus rapidement ce qui est entrain de se passer, en quelques heures, quelques jours, mais plus en semaines et en mois comme cela pouvait se produire auparavant. Et puis l’important est de recommencer encore et toujours.

Et comme la semaine dernière, si vous désirez poursuivre la lecture, cliquer ici, vous trouverez tout ce dont vous avez besoin. Sachez que si vous commandez le livre sur Amazon, yous recevez gratuitement la version ebook, lisible directement sur votre application Kindle.

Je vous souhaite une belle semaine, pleine de douces mélodies plutôt que de radio-critique dans vos têtes! A bientôt, Mireille

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Comme promis, je vais publier ici quelques extraits de mon livre « Un carnet à soi » et je commence… par le début! J’ai voulu souligner l’importance de la bienveillance envers soi dans la pratique de l’art, quelque soit la discipline choisie. Il me semble qu’on l’ignore souvent et pourtant c’est essentiel. Alors voici ce court chapitre dans son intégralité:

2. Ce qui est le plus essentiel à ce voyage

Avant toute chose, j’aimerais insister sur ce qui est essentiel à ce voyage et qui est le plus souvent ignoré : il faut beaucoup beaucoup d’amour et de bienveillance pour créer. Il en faut pour se lancer, pour progresser, pour oser, pour partager, pour recommencer, pour persévérer, pour surmonter les obstacles, pour faire face à la résistance.

Si j’ai appris une chose de ma pratique, c’est cela. Ou peut-être que la pratique m’a appris à m’aimer. C’est plus probablement cela. Si on n’apprend pas à s’aimer, à apprécier ses réalisations imparfaites, à embrasser ses erreurs, à profiter du chemin et à recommencer encore et encore, on finit par se détester, soi-même et tout ce que l’on fait, on se sabote, on s’obsède et on finit par tout arrêter ou se détruire. Pas toujours aisément, mais j’ai choisi la première option.

Plus qu’une technique ou un talent, ce qui est demandé ici, c’est d’apprendre à évoluer et naviguer dans un territoire inconnu, celui de la créativité. Cela peut être très déstabilisant. Excitant oui, exaltant, enthousiasmant, mais parfois, aussi, déstabilisant. Et dans ces moments-là, il est impératif de se montrer bienveillant envers soi-même, de se poser des questions constructives plutôt que de s’asséner des jugements destructeurs. Par exemple, préférer se demander : « Qu’est-ce que je pourrais mettre en place pour que cela fonctionne mieux? De quoi ai-je besoin pour consacrer du temps à ce qui est important pour moi?», plutôt que d’en rester à des réflexions de type : « Tu es nul, tu n’es pas discipliné, tu n’arriveras jamais à rien, tu ferais mieux de… ».

Il est probablement très naturel que de penser « je suis nul, je devrais savoir faire, si seulement je savais, les autres y arrivent mieux, ils ont compris, eux! ». Mais c’est faux. Personne n’a appris autrement qu’en pratiquant beaucoup, en se trompant, en corrigeant le tir, en cherchant, en interrogeant et, comme dirait R.M.Rilke « en aimant les questions elles-mêmes ». C’est un voyage passionnant, mais qui demande beaucoup de gentillesse et de patience envers soi.

Si vous avez envie de poursuivre la lecture, vous trouverez tout ce dont vous avez besoin ici. Et je publierai prochainement un nouvel extrait.

A bientôt, Mireille

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Je suis ravie de vous annoncer la sortie de mon premier livre : Un carnet à soi! Après avoir beaucoup partagé à propos de ma pratique sur Instagram, j’ai réalisé que j’adore en parler et de là, l’idée m’est venue de pousser plus loin le projet et d’en imaginer un livre. J’ai adoré chaque étape de ce processus, totalement nouveau pour moi. Il parle de tenir un carnet juste pour soi :

« Vous en caressez l’idée depuis quelques temps, il y a votre cœur qui bat plus fort quand on vous parle de carnet de voyage, de sketchbook ou de journal illustré. Vous en avez déjà acheté plusieurs, peut-être même les avez-vous commencés pour vous arrêter après quelques pages. Mais dort au fond de vous ce vague désir, cette aspiration que vous n’expliquez pas vraiment. C’est juste que, oui, votre coeur bat plus fort, vous sentez qu’il y a là quelque chose qui vous parle et vous attire. Ce petit livre est fait pour vous… »

4e de couverture

J’ai écrit depuis l’expérience accumulée dans cette pratique ces cinq dernières années et ai agrémenté le texte de quelques uns de mes illustrations personnelles. J’espère qu’il vous plaira!

 

Vous pouvez le trouver sur blurb.com et sur Amazon, disponible en ebook, téléchargeable sur votre tablette ou sur votre liseuse, et en version papier. A noter que la version sur Blurb, si elle est plus onéreuse, est aussi d’une qualité très supérieure (papier plus épais). Si vous voulez en avoir un petit aperçu, cliquez sur le lien ci-dessous. Et puis, si vous êtes déjà tout à fait décidé et qu’un fichier PDF vous intéresse, cliquer sur ce bouton :

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Vous pouvez aussi, si vous le préférez, le trouver dans ma boutique Etsy, ici.

Et j’ai l’intention de publier ici quelques extraits ces prochaines semaines… alors, à bientôt!

 

 

extrait

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Belle année à chacun!

Pour commencer l’année, j’avais envie de vous montrer pour une fois un peu du processus de création d’une illustration ou comment je passe du déclic-inspiration à une image « terminée ». Et comme c’est le sujet, les images d’abord, puisqu’elles racontent mieux que tous les mots :

 

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Tout commence avec cette jolie image de Main Sauvage trouvée sur Instagram. J’ai aimé cet échange de regard et j’ai eu envie de le dessiner.

J’ai commencé avec un dessin déjà stylisé, mais très inspiré de la photo.

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Puis, j’ai cherché à m’éloigner de l’image de la peluche pour en faire un animal plus personnel et en profiter pour styliser encore davantage le personnage de la fille.

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Puis, j’ai eu envie de simplifier encore, d’en faire délibérément une représentation presque enfantine…

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En ce moment, j’ai très envie de collage, de jouer avec cela. J’ai donc réinterpréter le dessin ci-dessus (d’où l’intérêt d’un dessin très simple) en utilisant des papiers que j’avais pour la plupart peint ou crayonné auparavant, dans une gamme de couleurs que j’avais imaginée.

 

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J’ai ensuite tenté une version à l’aquarelle rehaussée de crayon, pour voir…

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Et puis, j’ai eu envie de tester le collage à l’ordinateur sur Photoshop. J’ai tenté deux versions, une sur un fond blanc (ce vers quoi je suis naturellement attirée) et puis sur un fond neutre couleur nature.

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Satisfaite du résultat, je l’ai publié sur ma boutique Redbubble, ici. On peut donc retrouver ce collage digital sur une horloge, des tasses de voyage, des carnets, des T-Shirts, mais aussi, bien sûr, quand même, sous forme d’imprimés, prêts à décorer les murs de votre maison.

 

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Voilà! La créativité est à la fois très simple et pas si simple en réalité. C’est une histoire de chemin à suivre… J’espère que ce billet vous aura plu!

A très bientôt, Mireille

 

 

Dernièrement, j’ai découvert le livre de Carla Sonheim « Dessiner et peindre des animaux imaginaires ». Caria Sonheim adore dessiner des animaux et  elle en voit partout! Sur son canapé, dans la rue et au zoo bien sûr, mais elle les devine aussi dans les fissures des murs, les feuilles mortes qui jonchent le sol, les taches d’huile ou encore les boules de papier froissé. Cela m’a amené à voir les craquelures et autres taches sur le sol d’une façon complètement nouvelle.

dessiner craquelures

Vous pouvez voir à travers ces photos le processus depuis les craquelures sur l’asphalte au dessin final.

drawing from cracks
dessiner des visages

Parfois c’est très évident, d’autres fois il est nécessaire de tourner l’image dans tous les sens pour que l’image commence à prendre forme dans votre esprit.

dessin d'imagination

Comme Carla l’explique, c’est une façon tellement intéressante de dessiner depuis votre imagination. En passant par cette étape, vous évitez le dessin souvent stéréotypé qui naît de l’imagination. Si on me dit « dessine un visage », il y a peu de chance pour que je vous dessine un visage comme ceux ci-dessus, mais que je dessine un visage « classique ». L’étape « tache » apporte une dimension et vous permet de dessiner quelque chose à laquelle vous n’auriez jamais pensé sans cela.

Après le dessin d’après tache, je me suis amusée d’ajouter un corps à ces visages, à partir d’images de magazines ou de tête. Voici ce que cela donne :

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Carla Sonheim, dans son livre, dessine des animaux là où je dessine des visages… mais ça reste le même processus et c’est très amusant et joyeux! Essayez et je peux vous promettre que vous ne regardez plus les nuages ou les trottoirs de la même façon! Je vais probablement reprendre et peindre ces personnages dans Photoshop… Je vous les présenterai terminés!

Allez, belle semaine à chacun! Mireille

 

Carla Sonheim

Mes livres préférés
Cela faisait quelques temps que je voulais vous partager quelques titres parmi les livres que j’adore! Mes livres sont, je pense, mon grand trésor. J’avoue qu’il m’arrive de les acheter parfois compulsivement. Je n’arrive parfois pas à résister! Ils sont MA source d’inspiration et j’apprends tellement d’eux. Voici donc une courte liste des livres que j’aime, mais ma top liste en ce qui concerne la créativité, le dessin et l’art en général. J’ai réalisé après l’avoir faite que cette liste contient une grande majorité de titres en anglais. Il n’y a que les livres d’Elizabeth Gilbert, de Twyla Tharp, d’Austin Kleon, de Cat Bennett et de Kerry Lemon qui ont été traduits à ma connaissance (ce qui fait pas mal au final!). Mais pour ceux parmi vous qui lisez un peu l’anglais, je vous encourage à tenter la lecture d’un de ces livres. C’est un anglais non romancé, donc plutôt facile d’accès. Et pour certains, les images parlent d’elles-mêmes. Alors, cette liste?

Créativité en général

Dessiner et tenir un sketchbook

Pratique de l’art

Dessiner sans complexe et libérer sa créativité

Techniques de dessin

Voilà! J’espère que cette liste vous donnera quelques idées? Même si dessiner, peindre ou peu importe quelle approche vous privilégier, la pratique reste la base. Un livre ne fera pas de nous un artiste. Mais je trouve ces livres si précieux pour me guider, m’inspirer et me permettre d’avancer et de progresser.
Et vous? Quels sont vos livres préférés, indispensables?

Sketchbook

Ces dernières semaines, je travaille dans mon sketchbook… et j’aime ça! En début d’année, j’avais consacré beaucoup de temps au travail à l’ordinateur, apprenant Adobe Illustrator et Photoshop : je suis devenue une vraie fan des courbes de Béziers! Mais progressivement, j’ai eu besoin d’autre chose. J’ai eu envie de papier, de crayon, d’encre et de plume. J’avais envie de jouer et d’expérimenter de nouvelles techniques, de créer quelque chose sans recherche de résultat, juste pour le plaisir de créer, pour le processus. Et j’ai décidé de suivre mon instinct et de me donner du temps, de faire de l’espace pour « quelque chose d’autre », sans but en tête. Cela ressemble à des vacances et… wow, c’est un bon sentiment! Je n’aurais probablement pas pu faire cette démarche il y  a une année seulement, cela aurait été trop hors de ma zone de confort, trop stressant, mais là, c’était ok…

Au même moment,  Sketchbook Skool était sur le point de lancer un nouveau cours et cela m’a fait tilt. J’avais envie de ça et j’ai foncé. C’était exactement ce dont j’avais besoin. Ce cours me donne une étincelle d’inspiration, m’enseigne une façon ludique et joyeuse de dessiner et m’enseigne de nouvelles techniques.

Si vous n’avez jamais suivi un cours à Sketchbook Skool, je ne peux que vous encourager à tenter l’expérience. C’est joyeux, très bien fait, avec un enseignement donné par de nombreux enseignants qui viennent de tous les coins de la planète.

Bien sûr, ce qui arrive souvent dans ce genre de situation, j’ai entendu parler d’un autre cours donné par Cat Bennett (cliquer sur le lien pour voir la vidéo d’annonce) et je n’ai pas pu y résister. Vous savez, quand votre coeur bat plus vite? J’avais envie de jouer, de jouer avec les lignes et les formes. Bien sûr, j’aurais pu le faire par moi même (quoique!), mais c’est si encourageant et rassurant de le faire avec Cat. Elle est une magnifique enseignante!

Cat Bennett

Je me suis donc également inscrite là… et j’avoue que c’était un très bon choix. Ces deux cours me donnent une structure et des repères dans ma semaine, ma dose d’inspiration. Et cela m’aide, parce que, oui, ça peut être intimidant de se retrouver seule face à la fameuse page blanche. Cela aide d’avoir des « devoirs » et quelques instructions. Vous voyez : hors de ma zone de confort, mais pas trop quand même!

Le challenge quand vous expérimentez ce genre de pratique est de garder le « singe » dans votre tête aussi loin que possible (je l’appelle mon singe, mais on peut parler d’hamster, de monstre, de surmoi, de voix, enfin, vous voyez de quoi je parle!?), de façon à être ok avec des « résultats moyens à mauvais » et éviter de tomber dans le piège de « mon dessin est raté, je suis nulle »! Ce n’est pas toujours facile, mais j’apprends. Si vous avez le même problème dans votre pratique (et je serais prête à parier que vous l’avez!), lisez le dernier livre de Danny Gregory sur le sujet (mais texte en anglais!):  « Shut Down Your Monkey, How To Control Your Inner Critic And Get More Done » ou, en français dans le texte : « Faites taire votre singe, comment contrôler votre critique intérieur et faire plus de choses ». C’est très intéressant et libératoire en même temps. Cela fait prendre conscience qu’on est tous dans le même bateau. Ce n’est pas parce que l’on pense qu’on est nul qu’on l’est et ce n’est pas parce que c’est difficile que cela n’est pas fait pour nous. Le singe qui me pose le plus de problème est celui qui demande : « A quoi ça sert »?. Ce n’est pas une surprise pour un type A comme moi, n’est-ce pas? J’ai besoin d’un but, d’un challenge… Mais le fait que tout en moi aspire à une pause, à une récréation. Ainsi, pour répondre à ce singe sans trop l’effrayer, j’ai imaginé une réponse de ce type : « C’est ok, tu n’as pas à t’inquiéter, il s’agit juste d’une pause, de vacances. J’en ai besoin et je l’ai bien mérité, non? Je serai de retour au « vrai travail » dans quelques semaines. Vois ça comme un beau cadeau que je me fais, ok? » et ces mots, miraculeusement, ont l’air de fonctionner plutôt bien. Ce singe s’est finalement calmé, suffisamment pour que je puisse continuer mes explorations.  Geranium

A ce point, ce que j’ai appris, c’est que les choses n’ont pas besoin d’être parfaites pour être belles et, plus que jamais, je réalise que le voyage est plus important que la destination. J’apprécie vraiment de jouer et d’essayer de nouvelles techniques ou de nouvelles approches. J’ai parfois le sentiment que je pourrais faire ça pour toujours et que cela serait suffisant! Pourquoi pas? Je verrai ce qui se passe. Cela pourrait d’ailleurs être mon mantra actuel : voyons ce qu’il se passe…

Je saisis l’occasion de ce billet pour vous dire que, désormais, je ne publierai plus des articles au rythme d’un par semaine. Ce blog et cet espace reste important pour moi, c’est une place où je peux partager mon travail, mes trouvailles et mes inspirations, mais je n’imagine plus l’alimenter de façon aussi régulière qu’auparavant. Ainsi, si vous désirez être averti quand je publie quelque chose, je peux vous suggérer de vous inscrire à ma newsletter? Je ne vous inonderai pas de spam, c’est promis! Une autre suggestion est de me suivre sur Instagram où je publie là généralement une photo par jour.

 

Merci pour votre soutien et votre amitié. Merci… d’être là! Mireille

 

100 day Project

Avez-vous entendu parler du projet 100 Day Project? C’est un projet ouvert et libre proposé par Elle Luna sur Instagram et qui commence demain. C’est pour tous ceux qui ont envie de donner un coup de pouce à leur créativité, les stimuler à poursuivre un projet, tout en faisant partie d’une communauté encourageante. Le seul impératif, s’engager dans un projet créatif pour les 100 prochains jours et d’en poster une photo sur Instagram avec le hashtag #the100dayproject. Je l’ai fait l’année dernière et ça avait été une riche expérience. Je m’étais engagée à dessiner des personnages/anatomie/mouvements/mains… C’était extra. Ca m’a permis de nouer quelques liens sur Instagram qui durent encore aujourd’hui.

Je ne suis pas sûre de ma participation cette année, parce que je suis plusieurs cours et suis dans plusieurs projets et j’ai peur que celui-ci ne vienne plutôt me mettre une pression dont je n’ai pas vraiment besoin. Mais si vous vous demandez si c’est pour vous, je ne peux que vous encourager à jeter un oeil, à vous laisser inspirer et d’essayer… Dites-le moi si vous vous lancez, je vous suivrais avec plaisir!

 

Aujourd’hui, je voulais vous faire partager ma dernière trouvaille : les carnets japonais ou carnets en accordéon.

Quand on pense « sketchbook », on ne pense pas forcément en premier à des carnets pliés en accordéon, si? Mais, au moment où je cherchais une façon de collecter et de rassembler des images qui me servent de référence, j’ai soudain eu cette idée. Je voulais quelque chose qui fonctionne pour moi et ça n’était pas évident. Le carnet traditionnel ne fonctionnait qu’à moitié, parce que… et bien, il faut en tourner les pages. Je sais, c’est idiot! Mais ce que j’attends d’un carnet d’inspiration, c’est qu’il m’inspire! Et le format traditionnel n’est pas idéal pour permettre des associations inattendues et ne permet pas tout à fait à mon imagination de se déployer. Par contre, l’aspect « accordéon » du carnet japonais fonctionne beaucoup mieux.

J’avais besoin d’un carnet géant pour coller mes photos, celles découpées dans des magazines ou des livres, ou encore mes propres photos imprimés. En fabriquer un n’est pas difficile, vous avez juste besoin d’un papier assez épais, d’un plieur (option), d’une règle et de la colle. Démonstration :

 

 

Accordion Notebook Tutorial from Mireille Marchand on Vimeo.

J’ai tellement aimé rassembler mes images de cette façon que j’ai été tentée d’essayer ce type de carnet comme sketchbook pour mes dessin. Ici, pas nécessaire d’en fabriquer un, Moleskine en propose une version parfaite! Je l’adore jusqu’ici. Pas besoin de penser strictement composition comme on le ferait dans un sketchbook traditionnel. Il suffit de dessiner « comme ça vient », d’ajouter un élément à un autre, de lier les deux. Quand on regarde aux deux pages devant soi, cela semble très classique, mais que on l’ouvre : c’est magique… cela devient une histoire en dessins! Cela me fait penser au jeu auquel nous jouions parfois enfant : on écrivait sur un bout de papier, on pliait la page de façon à cacher ce mot, on passait la feuille à quelqu’un d’autre qui a son tour écrivait un mot, un verbe, une phrase, etc… A la fin, quand on dépliait la page, on avait un texte, presque parfois un poème, en tout cas quelque chose de fun et de créatif. Les carnets japonais fonctionne un peu de la même façon. Je ne peux pas résister à la tentation de vous en montrer deux exemples, deux chefs d’oeuvre.

 

Accordino Moleskine Art

 

Celui de gauche est de  Tord Boontje et celui de droite de Takashi Homma. Magique, non?

J’espère que ce type de carnet pourra vous inspirer une nouvelle façon de conserver les notes, dessins et autres photos qui vous enchantent! Si c’est le cas, j’adorerais voir les vôtres!

 

Sketchbook : une page

Le travail dans mon sketchbook

Durant le mois de février, je me suis engagée à travailler dans mon sketchbook. Comme je l’ai déjà mentionné, c’est important pour moi de me mettre au travail. Et pour moi, travailler = dessiner dans mon sketchbook. Je procrastine très peu, j’aime que les choses à faire et plus que tout qu’elles soient faites. Mais quand il s’agit de dessiner, je suis tentée de procrastiner. Parce que le sketchbook peut être intimidant, il peut me faire sentir inadéquate, insuffisante, pas suffisamment douée, voire me faire sentir carrément mal. Et bien sûr, je ferais tout alors pour ne pas me sentir ainsi. Le problème est que je sais pertinemment que c’est là ce que je DOIS faire, que dessiner est ce qui est le plus important dans ma pratique. Je le sais. Je sais aussi que quand je dessine tous les jours, je progresse beaucoup et même assez vite. Ainsi, avant tout, je dois faire taire mon fameux critique intérieur (parce que, bien sûr, c’est LUI qui me dit toutes ces choses négatives qui me font me sentir mal).

Me mettre au travail

Alors je me suis engagée et j’ai commencé. C’était une bonne chose… pas toujours amusant et facile, mais une bonne chose. J’ai commencé courageusement avec cette règle : je dessine chaque jour une demi heure. Je trouve que les choses sont plus faciles quand les règles sont claires! Mais rapidement, j’ai réalisé que je n’étais pas satisfaite comme je le voulais. Et j’ai opté pour dessiner une heure par jour. En fait, j’avais envie d’un dessin terminé par jour et j’avais le choix entre :

  1. Dessiner une composition moins complexe
  2. Passer plus de temps à dessiner

J’ai donc choisi la seconde option et je suis plutôt contente à ce stade (même si la première n’est pas toujours une mauvaise solution, ça peut même être très intéressant de se donner plus de contrainte et de faire avec..). Pour ajouter un peu d’excitation, je me suis offert un tout nouveau Moleskine, spécialement pour le dessin, avec du papier plus épais. C’est bête, mais ce genre de chose me stimule toujours d’une façon surprenante!

 

Que dessiner?

J’ai donc commencé à dessiner. Très rapidement est venue la grande question : que dessiner? Et cette question n’en est pas une de si facile. Comme je l’ai mentionné il y a quelques semaines, commencer par recopier un artiste que l’on aime est toujours une bonne place pour commencer. Mais bien sûr, très vite vient l’envie de s’émanciper! Mais alors quoi…

Le premier pas a consisté pour moi à lister les choses que j’aime dessiner ou que j’aime tout court.  J’ai donc fait une liste… la voici :

  • Le quotidien
  • Famille
  • Jardin
  • Maison
  • Fête
  • Saisons
  • Temps
  • Rue
  • Fruits et légumes
  • Cuisine
  • Vacances
  • Vintage, rétro
  • Habits, garde-robe
  • Grenier
  • Tiroir
  • Etagère
  • Forêt
  • Salon
  • Balcon
  • Café, restaurant
  • Vaisselle
  • Voyage
  • Oiseaux
  • Fleurs

Je pourrais continuer encore et encore pour un moment, mais je pense que vous avez saisi? Avec ces mots, mon imagination peut se déployer. Je peux jouer avec eux, les associer, jouer des proportions, des couleurs… Ils sont une étincelle dans mon imagination.

Dictionnaire visuel

Collage

Une autre façon de stimuler mon imagination est de partir d’une photo ou d’un objet. J’en choisi deux ou trois et je construis ma composition autour d’eux. Un lot d’images peut permettre des « accidents heureux », en tout cas des associations inattendues et stimuler l’imaginaire. Après avoir testé plusieurs façon d’organiser mes données et mes images, je suis déterminée d’avoir recours à la plus simple qu’il y ait : découper mes images et les placer en vrac dans une boîte et de piocher dedans un peu au hasard quand je recherche de l’inspiration. Pas une mauvaise idée, non?

Ainsi, je suis en train de me construire mon répertoire, de suivre le fil des choses que j’aime et que j’aime dessiner. J’essaie de me « fabriquer » mon répertoire visuel à moi. Je dois admettre que c’est une étape plutôt excitante. C’est un peu comme de se poser la question : quelle est l’histoire que j’ai envie de raconter?… Ca n’est pas la pire question à laquelle j’ai eu à répondre!

Si vous avez envie d’en voir un peu davantage sur mes pages de sketchbook, une bonne idée est de me suivre sur Instagram….

Créer et développement personnel

Créer, devenir une artiste est d’abord et avant tout un développement personnel

J’ai pris conscience de ça récemment. J’ai le sentiment d’apprendre beaucoup sur moi, de me découvrir quand je crée. Mais plus encore, j’apprends à me dépasser : j’apprends à m’organiser, à apprendre (oui, apprendre à apprendre), à faire face à mes peurs, à les dépasser (pas toujours, mais de plus en plus souvent), à en jouer en tout cas, à sortir de sa zone de confort, à chercher les informations et progresser, à gérer ses frustrations, apprendre à persévérer sur ce chemin en U qui demande beaucoup, beaucoup de patience et de confiance…. Alors, oui, j’ai acquis beaucoup de discipline et de persévérance dans mon travail ces derniers mois, mais ce que j’ai appris de plus précieux, c’est la bienveillance envers ce que je fais. Parce que, peut-être davantage que de la discipline qui vous met au travail le jour A, il faut beaucoup de bienveillance pour retrouver ce même travail le jour B… vous voyez de quoi je veux parler? On a tous un si solide esprit critique, celui qui dit que « ça n’est jamais assez bien, aussi bien que,…. ». Et c’est peut-être bien là que se situe l’aspect développement personnel de la pratique créative : c’est apprendre à embrasser mes imperfections, mes tâtonnements, mes erreurs. Plus encore, de réaliser la joie n’est pas dans une magnifique réalisation, mais dans le processus. Je ne l’ai jamais aussi bien réaliser qu’en créant. C’est mon application très concrète du fameux « ce n’est pas la destination qui importe, mais le chemin… ».

Dialogue et vulnérabilité

Quand on crée, on apprend à dérouler le fil de ses envies, à capter ses mouvements à l’intérieur, là où on a envie d’aller. C’est un dialogue, une écoute, un chemin. Mais on se sent vulnérable dans ce processus. On fait de multiples choix, on prend des risque, on essaie, on ne sait pas si « ça va marcher », le processus est très incertain, on risque de se planter. C’est très désagréable comme sensation, non, de se sentir échouer. On a parfois (souvent) même pas envie d’essayer, histoire de ne prendre aucun risque. Alors, plus que de la discipline, il faut de l’empathie, de la douceur et de la gentillesse envers soi pour recommencer le lendemain et le jour suivant. C’est là le développement personnel, c’est là qu’il se passe quelque chose.

Petit bilan personnel

Tout cela ne m’était pas du tout naturel. Ca ne l’est pas encore, mais je perçois un vrai changement. Je me suis sérieusement engagée dans ce processus créatif il y a un peu plus d’une année et quand j’y repense, je me dis : wow! Ce n’est pas une réponse très étoffée, mais c’est un bon résumé. J’ai appris tellement de chose et j’adore ça, apprendre. Je n’avais aucune idée de comment créer un motif, je ne savais d’ailleurs même pas que c’était possible de le faire! J’ai gagné en confiance dans mes intuitions, mes curiosités et à les suivre. J’ai appris à m’organiser, à choisir, à me fixer des buts et d’y travailler. J’ai appris à ne pas abandonner quand les choses ne sont pas faciles et rapidement faites. J’ai appris à persévérer, à célébrer mes victoires et à ne pas (trop) me laisser stopper par ce que je ne sais pas, mes frustrations ou mes échecs. J’ai découvert que, oui, c’est beaucoup de travail, mais sans cela : what else?? Sérieusement… J’aime tellement travailler, travailler à un but. Mon esprit a besoin de cela. Je dois donner à mon esprit quelque chose qui le passionne, au risque qu’il se retourne contre moi et commence à ruminer et à être le contraire de créatif : destructeur. J’ai donc tout intérêt à l’engager dans un processus stimulant et constructif, non? Et la créativité est mon truc à moi! Ce n’est pas toujours facile, sympa et drôle (même si je cherche à mettre beaucoup de jeu et de légèreté dans le processus), mais c’est la façon dont je veux vivre ma vie. Parce qu’alors mon âme s’émerveille et que ça c’est suffisant, ça c’est tout ce dont j’ai besoin! Je sais que c’est le chemin que j’ai envie de suivre.

J’ai donc beaucoup appris cette année, mais j’apprends encore beaucoup. En réalité, je vais apprendre toute ma vie. Et c’est ça que je recherche, c’est mon grand projet. Et je me sens si reconnaissante de l’avoir…

Photo Credit : Death to Stock

Dailies : my sketchbook

Les dailies…. Qu’est-ce que ç’est?

J’ai lu dernièrement le livre de Todd Henry : « Louder than words », qui parle de trouver sa voix. Je le trouve intéressant à plus d’un titre, mais un passage en particulier m’a interpelé, celui où il parle des dailies. On pourrait traduire le mot dailies par « les quotidiennes » en français, des activités que l’on fait tous les jours. Les moines ont ces traditions. Ils ont un ensemble de pratiques qu’ils font quotidiennement, qui comprennent : corvées, prières, méditations,… Peu importe si ils en ont envie, si ils sont fatigués, si ils ont d’autres choses à faire, si ils sont motivés, peu importe, ils pratiquent ces activités quotidiennes. Faire une chose chaque jour est le meilleur moyen pour progresser dans un domaine, parce que, on l’a entendu des milliers de fois, mais je pense que c’est vrai, la persistance dans une pratique est la clé.

Consistance

Il y a des activités dans lesquelles je me suis déjà engagée sur une base quotidienne : poster une image sur Instagram, m’engager dans les réseaux sociaux, mais j’étais hésitante à m’engager sur d’autres choses, parce que j’ai déjà si souvent le sentiment de manquer de temps pour travailler dans mon atelier. Je suis quelqu’un d’assez disciplinée et je pensais honnêtement que je travaillais de façon suffisamment concentrée et consistante pour ne pas avoir à m’engager dans d’autres dailies. Mais, après avoir lu ce livre, j’y ai repensé différemment.

J’ai pensé à trois aspects de mon travail que j’aimerais améliorer et sur lesquels j’aimerais travailler : le dessin dans mon sketchbook, le dessin digital et pratiquer mon anglais. Cela fait partie des activités qui sont indispensables, mais néanmoins non « urgentes ». J’ai tendance à les faire « quand j’ai fait tout ce que je devais faire »… donc très irrégulièrement et en tout cas pas sur une base consistante. J’ai eu envie de faire de la place pour ça, de m’organiser différemment et de donner une chance à cette pratique des « dailies ». J’ai donc choisi de consacrer une demi heure pour chacun des trois aspects que je viens d’énumérer. Je dessine une demi heure, puis je dessine digitalement et je finis par écrire en anglais. J’ai été très rapidement convaincue.

Je suis d’abord bluffée par la somme de travail qui peut être accomplie à coup de demi heure. Sur le moment, ça ne semble pas énorme, mais à la fin de la semaine, ça fait plusieurs heures de pratique. Mais aussi, je reconnais qu’en quelques semaines, j’ai le sentiment d’avoir fait beaucoup de progrès. J’ai pu le constater dans ma pratique « écrire en anglais ». Je voulais pratiquer dans l’idée de commencer mon blog version langue de Shakespeare. Très rapidement, j’ai eu le sentiment que ça devenait plus naturel. Je n’arrive pas à juger de la qualité de mes textes, mais au moins j’ai le sentiment de progresser, de prendre confiance et que « ça vient… ». Idem avec la peinture digitale. Je savais comment faire, mais la pratique rend le processus plus facile. Ainsi quand on dit que la consistance dans une pratique est la clé… c’est juste!

Les avantages d’une pratique quotidienne

Je peux encore ajouter qu’une pratique quotidienne aide à rester dans ce qu’on est en train de faire. J’ai déjà pu constater que si je dessine un jour, puis j’attends trois-quatre jours avant de reprendre mes feutres, je peine un peu à me remettre dans le processus. C’est probablement le grand avantage d’une pratique quotidienne, c’est de rester dans le mouvement, de suivre un chemin. D’un jour à l’autre, on sait où on se trouve, il n’y a pas besoin de le chercher. De plus, il n’y a pas autant d’attentes sur un dessin quotidien par rapport à, par exemple, un dessin par semaine. Si un jour le résultat n’est pas si bon, il peut l’être le lendemain. Ca aide, ça permet de relativiser un peu…

Mon objectif est de maintenir cette pratique au long de 2016 et je serais prête à parier qu’elle pourrait devenir la pièce maîtresse de mon travail. Elle évoluera certainement, les domaines à travailler risquent de changer, mais c’est ok. L’important dans le processus est de repérer ce qui a besoin d’être amélioré et d’y travailler régulièrement sur une période consistante. De même, je m’attache à ne pas être obsessionnelle de mes dailies. Je cherche à les respecter quotidiennement, mais ça n’est pas toujours possible et cela va aussi. C’est une direction et non une obligation. C’est important pour moi que ce système fonctionne pour moi et non contre moi.

 

Dailies : my sketchbook
Sketchbook

 

 

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