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J’ai un rapport au temps compliqué. J’en manque toujours et celui que je grappille, je le remplis de choses à faire. Je sens bien que je devrais m’arrêter davantage. Je sais que j’aime infiniment ça : m’arrêter et observer la vie, le monde, mes pensées, les autres. Et pourtant je ne prends pas le temps je ne me donne pas ce temps. Ou quand je me l’autorise, les assauts de culpabilité sont tels que je préfère faire quelque chose que de rester la cible de cette déferlante de critiques.

N’empêche. Je sais que j’ai besoin de m’arrêter, de lever ma tête de mes listes de choses à faire et de regarder le monde, perdre mon temps, ne pas avoir d’agenda ni d’objectifs à atteindre.

Je me suis imaginé un programme fait de très petits pas, l’expérience m’ayant montrée que les grandes manœuvres, dans ce domaine, n’apportaient qu’anxiétés et résistances inutiles. Petits pas donc : cinq minutes par jour. Où la seule chose admissible est de tenir une tasse de café entre mes mains. Cinq minutes pour regarder, écouter, découvrir, s’étonner, voir et observer. Cinq minutes, ça semble réalisable.

Ce soir, je suis sortie dans le jardin et j’ai observé que :

  • On y trouve des pommes (immangeables, mais décoratives)
  • La glycine produit de drôles de fruits allongés et velus
  • Le tilleul commence à jaunir
  • L’écorce du cèdre ressemble à des écailles carrées, ses branches sortent du tronc, toutes maigres. Il y a là quelque chose de disproportionné.
  • Les oiseaux commencent à se rassembler dans le grand arbre de la maison voisine. Leur piaillement me rappelle que c’est la fin de l’été et mon cœur se serre un peu.
  • Il faudra penser à balayer l’allée, les feuilles commencent à tomber.
  • Les pruneaux ont peu donné cette année.
  • Cinq minutes, ça passe vite. Il y a tant à voir et tant de curiosités à suivre.

 

Je crois que je retournerai au jardin demain… Pour faire mon petit pas et mes observations minuscules. .

 

Je vous avais déjà parlé ici de mon attirance pour le collage. Cela s’est renforcé au cours des dernières semaines. J’avais envie depuis longtemps de poursuivre une seule technique en particulier sur une plus longue période. Début décembre, je me suis offert un grand sketchbook et j’ai décidé de le remplir de collages, mon intention étant de persévérer jusqu’au moins à la fin janvier.

Je me suis souvent reprochée de ne pas être capable de persévérer dans une technique, mon envie tourbillonnant entre l’aquarelle, la sérigraphie, le dessin au trait, au feutre, le pastel, l’acrylique ou la gouache. Je m’y résolvais parfois, me disant que tout cela me permettait finalement de construire une large boîte à outils et que tout ça correspondait à ma nature curieuse. Mais une part de moi savait aussi que je lâchais parfois quand il aurait fallu persévérer et trouver des solutions aux inévitables obstacles et limites de tout médiums.

Collage by Mireille Marchand

Inspirations

Jusque là, j’avais été en admiration et un peu jalouse il faut bien le reconnaître, d’artistes comme Clover Robin, Andrea d’Aquino, Maxine Sutton et plus récemment encore de Clare Young. Je ne me lasse pas d’observer et d’analyser leurs illustrations. Chacune a son style et son approche du collage et donc, chacune a quelque chose en propre qui me touche et qui m’attire. Pour Clover Robin, ce sont ses thèmes qui sont proches des miens, ses découpages délicats, pleins de nuances et de fraîcheur. Andrea d’Aquino : elle est une des maîtres de la discipline actuellement. Elle a écrit un livre et on retrouve régulièrement ses collages dans des magazines tels que Flow. Maxine Sutton, c’est un peu autre chose. Je ne suis pas tout à fait sûre qu’elle voudrait être classée parmi les artistes « collagistes », mais elle m’inspire. J’aime ses réalisations abstraites, l’équilibre des couleurs et des formes, le jeu des proportions, le contraste entre les formes et les traits dessinés, brodés ou sérigraphiés. Et puis Clare Young, c’est ma dernière découverte. J’ai acheté son livre qui est plein d’inspiration et que j’aime beaucoup. D’elle, je retiens d’abord son approche en deçà du collage qui consiste à créer ses papiers pour les utiliser ensuite dans le collage. Elle a raison : faire ses papiers donne finalement l’ADN du collagiste, ses papiers pouvant devenir ce qui le caractérise et le distingue.

collage d’Andrea d’Aquino

Faire son papier

C’est peut-être ce qui m’attire en tout premier dans le collage : faire son papier. Ou plutôt, j’aime l’idée de pouvoir recycler des éléments de peintures et des dessins, explorer des techniques en me disant que le résultat n’a pas besoin d’être abouti et réussi, parce qu’il sera uniquement réutilisé dans une nouvelle illustration. Cela me donne aussi une excuse toute trouvée pour « faire des marques » sur le papier, c’est à dire, s’amuser comme un enfant avec tout ce qui vous tombe sous la main. J’aime aussi beaucoup l’idée de collecter des papiers trouvés, des textures, des imprimés. Cela correspond à une tendance que j’ai depuis le début de mes créations où j’ai toujours aimé accumulé, associer des éléments qui n’ont pas grand chose à voir entre eux, mais qui, ensemble, vibrent par leur contraste.

 

Peut-être bien mon ADN créatif

« Parce que c’est ça que j’aime surtout, surtout : c’est mélanger, jouer des imprimés, des matières, se faire additionner des petits riens, chiner, recycler, juxtaposer, mixer, décaler. J’aime les patchworks de tissus, de matières et de couleurs » : voilà comment je me présentais dès le début de mon site et de ma boutique. Voici aussi mes premiers objets, un lustre et une lampe, et puis mes pulls que j’aurais voulu avec davantage encore de motifs, mes carnets recyclés enfin. Ensuite, je me suis calmée : une illustration à la fois, variant les styles et les techniques, mais beaucoup moins de mélanges. Jusqu’à ce que le collage ramène tout cela en force.

Organisation du matériel

La grande difficulté du collage, en tout cas la mienne, tient dans la gestion du matériel et le classement des papiers. Trop de classement tue la créativité, mais insuffisamment de rangement la tue tout autant sûrement. Comme toujours, j’oscille entre ces deux pôles. Cela a véritablement constitué mon premier grand obstacle dans la pratique du collage. Je me sentais régulièrement débordée par tout ce matériel, incapable de trouver le bon papier quand j’en avais besoin, paralysée devant l’ampleur du choix et mon plan de travail complètement enseveli sous les papiers, luttant pour mettre la main sur ma paire de ciseaux ou mon tube de colle.

J’ai un peu tâté pour trouver une solution à ce problème et je crois l’avoir trouvée dans le livre Clare Young. Elle conseille de classer les papiers en : couleurs solides, imprimés, couleurs neutres, noir/blanc, dessins/textes. J’ai acheté des boîtes transparentes qui me permettent de voir facilement ce que j’ai à l’intérieur. J’ai deux casiers sur mon bureau : le premier rempli de petits sachets avec des restes de bouts de papiers selon la classification ci-dessus et le second, un « fourre-tout » qui me permet d’avoir ce taux de désordre, de spontanéité et de hasards dont j’ai besoin également. Ce système me semble bien marcher. Je ne ressens plus ou peu ce sentiment de débordement désagréable.

Collage by Mireille Marchand Collage by Mireille Marchand

Et à présent?

Après six semaines de pratique, je me sens de plus en plus curieuse et désireuse de persévérer avec ce médium. J’aime infiniment l’idée de travailler à partir de la forme (par rapport au trait pour le dessin). Je trouve incroyable la façon dont on peut réduire un sujet en quelques formes simples. De plus le collage pardonne beaucoup d’erreur. Sérieusement! Je poursuivrai, je pense, l’expérience au delà de fin janvier. Le collage ne m’a pas encore révélé tous ses secrets. Alors, si cet article vous a donné envie de ressortir vos ciseaux et vos papiers de couleurs, j’en serais ravie. Et si vous aussi pratiquez le collage, dites-le moi!

A très bientôt, Mireille

 

Et un petit échantillon de mes derniers collages pour terminer :  


Collage by Mireille Marchand

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Aujourd’hui, je voulais vous faire partager ma dernière trouvaille : les carnets japonais ou carnets en accordéon.

Quand on pense « sketchbook », on ne pense pas forcément en premier à des carnets pliés en accordéon, si? Mais, au moment où je cherchais une façon de collecter et de rassembler des images qui me servent de référence, j’ai soudain eu cette idée. Je voulais quelque chose qui fonctionne pour moi et ça n’était pas évident. Le carnet traditionnel ne fonctionnait qu’à moitié, parce que… et bien, il faut en tourner les pages. Je sais, c’est idiot! Mais ce que j’attends d’un carnet d’inspiration, c’est qu’il m’inspire! Et le format traditionnel n’est pas idéal pour permettre des associations inattendues et ne permet pas tout à fait à mon imagination de se déployer. Par contre, l’aspect « accordéon » du carnet japonais fonctionne beaucoup mieux.

J’avais besoin d’un carnet géant pour coller mes photos, celles découpées dans des magazines ou des livres, ou encore mes propres photos imprimés. En fabriquer un n’est pas difficile, vous avez juste besoin d’un papier assez épais, d’un plieur (option), d’une règle et de la colle. Démonstration :

 

 

Accordion Notebook Tutorial from Mireille Marchand on Vimeo.

J’ai tellement aimé rassembler mes images de cette façon que j’ai été tentée d’essayer ce type de carnet comme sketchbook pour mes dessin. Ici, pas nécessaire d’en fabriquer un, Moleskine en propose une version parfaite! Je l’adore jusqu’ici. Pas besoin de penser strictement composition comme on le ferait dans un sketchbook traditionnel. Il suffit de dessiner « comme ça vient », d’ajouter un élément à un autre, de lier les deux. Quand on regarde aux deux pages devant soi, cela semble très classique, mais que on l’ouvre : c’est magique… cela devient une histoire en dessins! Cela me fait penser au jeu auquel nous jouions parfois enfant : on écrivait sur un bout de papier, on pliait la page de façon à cacher ce mot, on passait la feuille à quelqu’un d’autre qui a son tour écrivait un mot, un verbe, une phrase, etc… A la fin, quand on dépliait la page, on avait un texte, presque parfois un poème, en tout cas quelque chose de fun et de créatif. Les carnets japonais fonctionne un peu de la même façon. Je ne peux pas résister à la tentation de vous en montrer deux exemples, deux chefs d’oeuvre.

 

Accordino Moleskine Art

 

Celui de gauche est de  Tord Boontje et celui de droite de Takashi Homma. Magique, non?

J’espère que ce type de carnet pourra vous inspirer une nouvelle façon de conserver les notes, dessins et autres photos qui vous enchantent! Si c’est le cas, j’adorerais voir les vôtres!

 

Travailler avec consistance

Le bénéfice de travailler de façon consistante et régulière

Le bénéfice d’un travail consistant et régulier est énorme, même si c’est juste un petit peu chaque jour.

J’ai longtemps travaillé en me mettant à fond dans un projet et négligeant par là d’autres aspects importants de mon travail. Depuis que je pratique mes dailies, j’ai commencé à voir les choses autrement. Je trouve si précieux de voir le résultat de mon travail grandir dans tous les domaines qui me sont importants. Je ressens d’une façon très tangible mes progrès et cela est vraiment très stimulant et encourageant, même si cela me demande de la discipline et parfois un peu de courage. Mais ça vaut la peine. De travailler régulièrement me donne une solide routine et cette routine me donne une base solide sur laquelle construire mes journées et mon travail. Elle réduit mon stress et me donne confiance.

Actuellement

Je travaille sur quatre aspects que me semblent vitaux en ce moment :

  1. Dessiner dans mon sketchbook
  2. Ecrire en anglais (pour la version anglaise de ce blog)
  3. Apprendre et pratiquer la peinture digitale sur Photoshop et Illustrator
  4. Prendre le temps de m’organiser et de lire

Pratiquement

J’essaie de consacrer une heure et demie par jour pour ces quatre points, ce qui ne représente que 20 minutes pour chacun d’entre eux. C’est de la discipline, mais c’est très gratifiant. Parce que j’ai compris que rien ne peut remplacer la pratique. Ce n’était pas quelque chose de si évident à reconnaître. Je le savais théoriquement, mais je pensais quelque part que certaines personnes avaient tout simplement plus de talents et que tout simplement, j’en avais moins. Mais j’ai découvert qu’il n’y a pas de raccourci : chacun doit pratiquer, pratiquer et pratiquer, même les plus talentueux d’entre nous. Je pense que le seul vrai talent consiste à persévérer et travailler jour après jour. A la fin, oui, cela peut donner l’impression que le résultat est facile, fait sans effort, mais ça n’est juste qu’une impression! Chaque chose qui est importante pour soi demande du temps et des efforts et peut-être est-ce précisément cela qui nous les rend si importants, non?

J’aime infiniment l’idée que de grandes choses se construisent un jour après l’autre. Il semble qu’on surestime très souvent le travail que l’on peut réaliser en une journée, mais qu’on sous-estime celui qu’on peut accomplir en un mois. Alors oui, mes 20 minutes consacrées à dessiner ou à écrire ne paraissent pas énormes à l’échelle d’une journée, mais à la fin d’une semaine, d’un mois… cela commence à véritablement ressembler à quelque chose, non? Et ce sentiment de construire quelque chose est tellement délicieux que c’est lui qui me pousse jour après jour à me remettre au travail.

Allez, bonne semaine à chacun!

Photo credit : Death to stock

Dailies : my sketchbook

Les dailies…. Qu’est-ce que ç’est?

J’ai lu dernièrement le livre de Todd Henry : « Louder than words », qui parle de trouver sa voix. Je le trouve intéressant à plus d’un titre, mais un passage en particulier m’a interpelé, celui où il parle des dailies. On pourrait traduire le mot dailies par « les quotidiennes » en français, des activités que l’on fait tous les jours. Les moines ont ces traditions. Ils ont un ensemble de pratiques qu’ils font quotidiennement, qui comprennent : corvées, prières, méditations,… Peu importe si ils en ont envie, si ils sont fatigués, si ils ont d’autres choses à faire, si ils sont motivés, peu importe, ils pratiquent ces activités quotidiennes. Faire une chose chaque jour est le meilleur moyen pour progresser dans un domaine, parce que, on l’a entendu des milliers de fois, mais je pense que c’est vrai, la persistance dans une pratique est la clé.

Consistance

Il y a des activités dans lesquelles je me suis déjà engagée sur une base quotidienne : poster une image sur Instagram, m’engager dans les réseaux sociaux, mais j’étais hésitante à m’engager sur d’autres choses, parce que j’ai déjà si souvent le sentiment de manquer de temps pour travailler dans mon atelier. Je suis quelqu’un d’assez disciplinée et je pensais honnêtement que je travaillais de façon suffisamment concentrée et consistante pour ne pas avoir à m’engager dans d’autres dailies. Mais, après avoir lu ce livre, j’y ai repensé différemment.

J’ai pensé à trois aspects de mon travail que j’aimerais améliorer et sur lesquels j’aimerais travailler : le dessin dans mon sketchbook, le dessin digital et pratiquer mon anglais. Cela fait partie des activités qui sont indispensables, mais néanmoins non « urgentes ». J’ai tendance à les faire « quand j’ai fait tout ce que je devais faire »… donc très irrégulièrement et en tout cas pas sur une base consistante. J’ai eu envie de faire de la place pour ça, de m’organiser différemment et de donner une chance à cette pratique des « dailies ». J’ai donc choisi de consacrer une demi heure pour chacun des trois aspects que je viens d’énumérer. Je dessine une demi heure, puis je dessine digitalement et je finis par écrire en anglais. J’ai été très rapidement convaincue.

Je suis d’abord bluffée par la somme de travail qui peut être accomplie à coup de demi heure. Sur le moment, ça ne semble pas énorme, mais à la fin de la semaine, ça fait plusieurs heures de pratique. Mais aussi, je reconnais qu’en quelques semaines, j’ai le sentiment d’avoir fait beaucoup de progrès. J’ai pu le constater dans ma pratique « écrire en anglais ». Je voulais pratiquer dans l’idée de commencer mon blog version langue de Shakespeare. Très rapidement, j’ai eu le sentiment que ça devenait plus naturel. Je n’arrive pas à juger de la qualité de mes textes, mais au moins j’ai le sentiment de progresser, de prendre confiance et que « ça vient… ». Idem avec la peinture digitale. Je savais comment faire, mais la pratique rend le processus plus facile. Ainsi quand on dit que la consistance dans une pratique est la clé… c’est juste!

Les avantages d’une pratique quotidienne

Je peux encore ajouter qu’une pratique quotidienne aide à rester dans ce qu’on est en train de faire. J’ai déjà pu constater que si je dessine un jour, puis j’attends trois-quatre jours avant de reprendre mes feutres, je peine un peu à me remettre dans le processus. C’est probablement le grand avantage d’une pratique quotidienne, c’est de rester dans le mouvement, de suivre un chemin. D’un jour à l’autre, on sait où on se trouve, il n’y a pas besoin de le chercher. De plus, il n’y a pas autant d’attentes sur un dessin quotidien par rapport à, par exemple, un dessin par semaine. Si un jour le résultat n’est pas si bon, il peut l’être le lendemain. Ca aide, ça permet de relativiser un peu…

Mon objectif est de maintenir cette pratique au long de 2016 et je serais prête à parier qu’elle pourrait devenir la pièce maîtresse de mon travail. Elle évoluera certainement, les domaines à travailler risquent de changer, mais c’est ok. L’important dans le processus est de repérer ce qui a besoin d’être amélioré et d’y travailler régulièrement sur une période consistante. De même, je m’attache à ne pas être obsessionnelle de mes dailies. Je cherche à les respecter quotidiennement, mais ça n’est pas toujours possible et cela va aussi. C’est une direction et non une obligation. C’est important pour moi que ce système fonctionne pour moi et non contre moi.

 

Dailies : my sketchbook
Sketchbook

 

 

Credit to DeathtoStock
Par où commencer? C’est une bonne question pour un début d’année, non? En tout cas, c’est une question que je me pose souvent… Dans un processus créatif, ça peut même être ce qui est le plus difficile. On peut connaître les techniques, avoir même une idée assez précise de ce que l’on veut, mais il y a souvent un moment de type « panique à bord » : par quoi je commence? Cette question peut être tellement paralysante qu’elle empêche parfois même de commencer. On se la pose soit :
  • parce qu’on aimerait tenter quelque chose, mais que ce quelque chose est tellement vague que, vraiment, on ne sait pas par où s’y attaquer
  • soit parce qu’il y a trop de tout : trop d’idées, trop de choses à apprendre, trop de questions, trop d’inconnues, trop d’envies, de surcroît souvent contradictoires.
Commencer peut être déstabilisant, d’autant plus si il s’agit d’un processus créatif. C’est déstabilisant parce qu’on n’en connaît pas le résultat, parce qu’il faut passer par l’étape « est-ce que ça va donner quelque chose, ça ne ressemble à rien », parce qu’on fait face à son critique intérieur (« et si je n’y arrive pas ») et qu’il peut être redoutable et qu’on n’a qu’une envie : se tenir très loin de lui, de ne pas s’y exposer. Commencer implique d’abord de le tenir un peu à distance ou de l’apprivoiser.Pour ma part, il me faut un peu de méthode. La méthode et l’organisation rassurent beaucoup le critique et les peurs en soi. C’est rationnel, c’est rassurant. On ne va pas sortir de sa zone de confort à ce stade. Voici donc mes trois outils absolus : le mind-mapping, les listes et le mood board.
  1. Je commence avec une grande feuille sur laquelle je note mes idées en vrac et en désordre. Ce que j’ai envie, là où je voudrais aller, quel est mon objectif. Je le clarifie dans un premier temps, grâce au mind mapping (ou carte heuristique en français dans le texte). Je ne vais pas entrer dans le détail du mind-mapping (que vous connaissez probablement déjà d’une façon ou d’une autre?), mais dans les grandes lignes : c’est un schéma qui est supposé refléter le fonctionnement de la pensée, qui permet de représenter visuellement et de suivre le cheminement associatif de la pensée (voir références ci-dessous). J’adore cet outil parce qu’il correspond bien à ma façon de penser : non linéaire, mais une pensée qui va dans tous les sens. C’est une façon de prendre des notes qui suit ce flux et qui, au bout du compte, aide à rendre la pensée plus claire, plus évidente et à faire des choix.
  2. Puis j’écris toutes les étapes intermédiaires. Un gros projet devient beaucoup plus facile à appréhender quand il est fractionné en petites étapes « faisables« . Je les organise : ça en devient comme un chemin à suivre, pas après pas. C’est l’espace « todo list ». Outils simple, mais tellement efficace! Il libère la tête, donne le sentiment d’avancer au fur et à mesure que les items sont cochés. Je trouve ça très satisfaisant!
  3. Puis vient l’étape « Mood board »: je récolte des images qui m’inspirent et qui vont me donner une direction. Je découpe des images dans des magazines (je les garde dans un tiroir et les passe en revue à chaque nouveau projet) et j’en imprime d’autres collectionnées sur le web. Je les rassemble et j’arrange tout cela sur un panneau magnétique que je pourrai avoir près de moi durant tout mon projet. J’y ajouterai des mots, des morceaux de tissus ou des bouts de papier pour me guider dans le choix de ma palette de couleur, de texture ou dans une ambiance. Pour moi, le mood board est essentiel. Vraiment. C’est la meilleure façon de garder un certain focus, de se donner une direction, un cadre dans lequel évoluer.

    Mood board
    Par où commencer
  4. Et puis : commencer. Ca a l’air bête dit ainsi, mais c’est un risque que de reculer devant l’obstacle. On peut se préparer autant que l’on veut, il y a quand même un moment où il faut se lancer. Faire ce fameux premier pas. Et puis le second…

Bien sûr, commencer n’est que le début, mais c’est la différence essentielle entre avoir un projet et le réaliser. Et ce n’est pas facile de passer cette étape, cela demande parfois un peu de courage. Alors, pour 2016, je vous souhaite plein de courage, d’enthousiasme, d’envie de réaliser des choses, de commencer des projets longtemps remis à plus tard pour toutes sortes de bonnes raisons… Je vous souhaite beaucoup de bonheur!

Sites de référence :

Mind mapping

Mood Board

Heidi Sopinka's mood board

 

mes carnets
J’adore tout ce qui ressemble à un carnet… Je les collectionne, en commence mille et n’en finis que quelques uns, mais c’est ok! Pourtant, même inachevés, mes carnets accompagnent mon processus créatif, mon processus de pensées. M’accompagnent tout court. Je n’ai pas vraiment réussi à les organiser pendant longtemps, mais, depuis quelques temps, il me semble avoir une façon qui fonctionne bien pour moi et je vous la partage :
  1. L’incontournable Bullet Journal dont je vous parle souvent… C’est vraiment LE carnet de base, celui autour duquel je construis mes journées. C’est un agenda et c’est beaucoup plus qu’un agenda. J’y dépose beaucoup de mes idées, de mes croquis et de mes projets.
  2. J’ai un Journal d’atelier dans lequel je colle, je dessine, j’écris tout ce qui concerne là où j’en suis actuellement. C’est un précieux fil rouge, un mood board/tableau d’influence évolutif au jour le jour. Ce journal est le témoin de mon processus. C’est intéressant et souvent très utile de pouvoir visualiser les étapes et avoir ce recul sur mon évolution ou simplement l’évolution d’une idée. Particulièrement intéressant les jours où on se sent un peu perdue et en panne d’inspiration!
  3. Un carnet pour les séances de brainstorming. J’y jette mes premières idées, les mots qui me parlent, les premières esquisses. J’aime bien les avoir regroupées à un endroit et être capable ainsi d’y revenir.
  4. Un simple classeur dans lequel je rassemble les dessins de toutes sortes que je fais sur de simples feuilles de papier. Je les classe ensuite par thème (fleurs, animaux, simples marques-gribouillis, textures,…) ou alors par projet. Ca a l’avantage d’être très souple comme système et non chronologique, ce qui a tout son intérêt ici.
  5. Un mini moleskine que je glisse dans mon sac à main : j’aime parfois m’installer dans un café et dessiner la vie qui va autour de moi. J’emporte encore un autre moleskine spécial aquarelle que j’aime particulièrement quand je voyage.
Voilà pour ma petite organisation! Elle n’est peut-être pas aussi simple que je le voudrais, mais elle reflète au fond assez bien mon mode de penser un peu dispersé que j’essaie vaille que vaille de faire tenir en un tout qui soit un tant soit peu cohérent et consistant! Je suis dans une bonne période de ce côté-là, mais c’est forcément mouvant et changeant comme la vie!
Et vous? Qu’est-ce qui fonctionne pour vous?

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Un article dans le thème de la rentrée… pour s’encourager à se lancer!

J’entends souvent autour de moi « j’aimerais bien, mais j’ai peur, je n’ose pas, et si je n’y arrivais pas, je ne sais pas, je ne suis pas sûre de savoir comment faire… ». J’avoue que c’est un problème que je connais peu. Je me lance. J’ai envie de tenter? J’essaie… Par contre, je n’échappe aux doutes qui viennent juste après : « ça n’est pas assez bien, pas comme je le voudrais, peut-être aurais-je dû…. ».

Mais je persiste. Je pense profondément qu’il faut bien commencer quelque part et ce quelque part est bien sûr imparfait. Si on attend la perfection pour se lancer, on risque d’attendre longtemps. Je pense bien sûr à mes dessins et à mes illustrations (mais à tout ce que j’ai fait auparavant, à ce blog,…). Il est probable qu’il y aura bien des choses que je n’assumerai plus très bien d’ici quelques temps… ça m’est d’ailleurs déjà arrivé, et très souvent. Mais c’est ok : voilà, c’est là où je suis, ce que je sais, ce que je suis capable de faire aujourd’hui. C’est ainsi. Cette illustration, si elle n’est pas parfaite est un pas nécessaire pour que la suivante le soit davantage. Le dessin d’après se construit de celui qui précède. J’aime voir les choses comme ça.

On pourrait d’ailleurs parler de perfection, bien sûr. J’ai réalisé que je ne recherche pas ça dans mes dessins. Qu’au contraire, j’aime les lignes hésitantes, comme si le côté imparfait des choses les rendait plus vivants. Renoncer à vouloir un résultat parfait, c’est le meilleur moyen d’en être satisfait davantage. « Ca n’est pas parfait, mais la perfection n’est pas ce que je recherche! » est un peu mon motto en ce moment.

Alors, commençons quelque part, par ce dessin, par cet article, par cette recette, par ces quelques notes, par….. et regardons où cela nous mène. C’est ok de ne pas savoir, de ne pas savoir exactement comment nous ferons pour mener à bien notre projet ou concrétiser notre envie, de ne pas connaître la prochaine étape. Et c’est aussi ok d’échouer, de renoncer en route, de changer, de voir le projet évoluer vers autre chose. C’est même drôlement excitant et intéressant! Trust the process!… Faire confiance au processus.

Le premier pas pour commencer, c’est peut-être de trouver juste quel pourrait être le premier pas à faire et de… commencer!

Et vous? Par quoi commencez-vous?

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A special post for the end of the holidays… to encourage you to get started!

I often hear around me « I would love to, but I’m afraid I do not dare, and if I could not, I do not know, I’m not sure how to do .. . « . I admit that this is a problem that I know little. I’m going for it. I want to try? I try … By cons, I can escape the doubts that come after it: « it is not enough, not as I would like, maybe I should have …. ».

But I persist. I believe deeply that we must start somewhere and that somewhere is of course imperfect. If perfection is expected before starting, we may wait a long time. I refer of course to my drawings and my illustrations (but also to everything I’ve done before, this blog …). It is likely that there will be many things that I won’t assume very well in a few times … it is already, and quite often, happened to me. But that’s ok: here is where I am, this is what I’m capable of doing today. This illustration, though not perfect, is  necessary in order that the following one is much more effective. I like to see things like that.

One could also speak of perfection, of course. I realized that I did not search it in my drawings. On the contrary, I like the hesitant lines, as if the imperfect side of things made them more vibrant. Give up wanting a perfect result is the best way to be more satisfied. « It’s not perfect, but perfection is not what I’m looking for! » is kind of my motto now.

So let’s start somewhere, with this drawing, this article,  this recipe, these few notes, ….. and look where it takes us. It’s ok not to know, not to know exactly how we will carry out our project or achieve our desire, not knowing the next step. And it is ok to fail, to give way, to change, to see the project evolve into something else. It is even awfully exciting and interesting! Trust and enjoy the process!

The first step to start, perhaps it is to find just what could be the first step in … and getting started!

And you? Where do you start? What is your first step?

le réveil

Ainsi, je suis en vacances. Jour 1! Pourtant, je listais toute à l’heure « toutes les choses que j’aimerais faire » et j’ai soudain eu un doute? Comment je saurai que je suis en vacances…? A plusieurs petites choses, mais une en particulier : pas de réveil le matin! 31 jours sans réveil… ça, ça s’appelle des vacances!

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Après l’article sur le travail à la planche à dessin, voici donc comme promis celui sur l’organisation du travail à l’ordinateur… Je dois d’abord vous avouer que j’aime vraiment, vraiment beaucoup le travail à l’ordinateur. Je dirais que c’est un peu mon média à moi. J’aime le dessin, le trait, mais je n’ai pas un goût très marqué pour la peinture. Par contre, mettre de la couleur à l’ordinateur, c’est un bonheur! J’aime ça. Mais l’ordinateur a ses pièges et peut être source de frustrations terribles si on n’apprend pas à les éviter. J’apprends donc et vous partage ici quelques réflexions et quelques pistes….

Le piège n°1 pour moi est que l’ordinateur fonctionne comme mon cerveau : très vite, passant rapidement d’une chose à l’autre…. « ah, oui, je pourrais faire ça, oh et puis vite ça, et puis comment on fait ça déjà, ah, et puis vite un tour sur ma messagerie… ». C’est un mode de pensée en mode rapide qui est peu satisfaisant au final. J’ai souvent un sentiment d’urgence renforcé, comme si tout devait être fini avant même d’avoir commencé.

Je tombe souvent, très souvent dans ce piège qui consiste à penser que le travail à l’ordinateur doit être « vite fait ». C’est vrai ça, non? Il suffit de quelques clics par ci, quelques clics par là et ça devrait être parfait… Mais ça ne fonctionne pas comme cela. En tout cas pas si souvent et ça peut même devenir très frustrant. J’ai donc appris que je dois mieux évaluer le temps dont j’ai besoin pour aboutir mon travail. Du mieux que je peux, je me pose la question : combien de temps ai-je à disposition? Combien de temps suis-je prête à investir? Combien de temps aurais-je à priori besoin (et cette estimation devient plus facile avec le temps). Eviter de foncer tête baissée sans réflexion préalable donc… Savoir ce que l’on veut, imaginer comment s’y prendre, organiser son travail. Une fois de plus, je pense que l’organisation en amont est importante pour rester saine d’esprit! Etre préparé à ne pas y arriver « du premier coup », accepter l’idée de chercher… Et célébrer les nouvelles victoires!
Le piège n°2 est en lien bien sûr avec le n°1 et ma dernière remarque : il m’est souvent difficile d’avoir une réflexion élaborée à l’ordinateur. Je fonce, je fais, je réagis, je m’obstine, je m’entête, je dois trouver une solution… Il y a un recul qui est plus difficile à prendre. Est-ce le côté immatériel, non concret du travail à l’ordinateur, est-ce l’inexpérience? Toujours est-il que l’ordinateur tend à renforcer mon côté obsessionnel et que je dois être très attentive à amener de la réflexion et du recul dans mon travail pour éviter d’aller droit dans le mur.

Si l’on ajoute à cette difficulté d’élaborer une réflexion, le risque de dispersement que peut amener nos multiples fenêtres ouvertes, nos avertissements de messages et autres alarmes, la concentration et l’attention deviennent difficile. Beaucoup de spécialistes conseillent à présent la mono-tâche en encourageant à travailler en mode plein écran. Une seule fenêtre à la fois. C’est à tenter… c’est en tout cas bien de tendre à quelque chose qui ressemble à ça. La concentration, le focus, c’est aussi bon pour l’esprit et c’est tellement plus satisfaisant.
Le piège n°3 est peut-être l’aspect très « orienté résultat » de l’ordinateur. On accepte (plus ou moins) de jouer à la planche à dessin, on sait que ça fait partie du jeu qu’une partie de tout cela finisse au fond de la poubelle. Ca réveille une part d’enfant. A l’ordinateur, je trouve cela moins naturel. L’ordinateur se doit d’être efficace, demande un résultat, et rapide! Pourtant ici aussi (et peut-être plus encore), il y a des « happy accidents »: une manipulation qui ne donne pas le résultat voulu, mais qui est drôlement intéressant, voire même beaucoup mieux! Donc, jouer, se donner de l’espace et du temps pour le jeu ici aussi. Se donner le droit d’essayer, de tenter, de s’amuser. Enregistrer le projet dès le début, sauvegarder souvent, sauvegarder les nouvelles versions sous un autre libellé. Cela autant de fois que nécessaire… au final, le jeu ici est tellement plus facile, a tellement moins de conséquences définitives que sur la feuille de papier.
Le piège n° 4, mais j’aurais pu tout aussi bien pu le mettre en première position : l’ordinateur est chronophage! Le nombre de fois où je pense « vite faire un truc de dix minutes » et où je me retrouve deux heures plus tard toujours derrière mon écran à tenter ce truc (ou un autre et puis encore vite un autre…). Ca c’est le piège ultime pour moi et pour ma nuque! Là aussi, organiser le travail, tenter d’être claire sur ce que je veux faire et dans quel espace temps est essentiel. Pour m’y aider, je vous avoue mon astuce ultime : je mets la minuterie! Ce geste me permet de prendre un mini engagement vis-à-vis de moi-même (quand ça sonne, je fais une pause), cela me donne une perception concrète du temps qui passe (il faut une minuterie qui fasse tic tac!!), cela rythme et structure un travail qui autrement a vite fait de prendre beaucoup trop de place.Si pour le travail à la planche a dessin, le plus gros challenge c’est de s’y mettre et de commencer, pour le travail à l’ordinateur, le plus gros challenge serait plutôt de s’arrêter!
Voilà donc mes stratégies pour limiter les frustrations et pour un travail à l’ordinateur qui soit satisfaisant! Ca me demande passablement d’auto-discipline, mais j’apprends! Et je tente de me donner le temps d’apprendre…

Et vous? C’est la même chose pour vous? Quelles sont vos stratégies? Je serais curieuse d’en savoir plus!

Cet article marque le début de la pause estivale pour ce blog. Je publierai ici ou là quelques photos, des illustrations et quelques pensées à travers l’été, mais un peu en dilettante, sans contrainte… c’est le charme des vacances, non? Ca ne m’empêchera pas de travailler un peu et de vous préparer une petite surprise… Je vous en dirai plus à la rentrée!

Je vous souhaite un bel été, beaucoup de douceurs et de repos et me réjouis déjà de vous retrouver vers la mi août! Bel été et merci d’être là!

planche

Je voulais, avant la pause des vacances d’été, écrire deux articles sur le travail à l’atelier : l’un sur le travail à la planche à dessin et l’autre, pour la semaine prochaine, sur le travail à l’ordinateur. Je ne vais pas aborder ici l’aspect technique, mais plutôt l’aspect organisationnel et autour de l’état d’esprit à cultiver, des pièges à éviter.

Donc, pour aujourd’hui, la planche à dessin. Travailler à la planche à dessin demande à priori très peu de choses : du papier, de quoi dessiner ou peindre (pour moi, c’est simple : crayon et feutres noirs d’épaisseurs diverses). Et puis, surtout, d’un peu de temps devant soi. J’avais écrit un article sur le processus créatif où je parlais déjà beaucoup de la difficulté de commencer justement. Aujourd’hui, je vais plutôt développer l’état d’esprit à cultiver. C’est, après celle qui consiste à commencer, probablement ce qu’il y a de plus crucial. Je pense qu’on est beaucoup, voire tous, à avoir un critique intérieur très puissant. qui parle très très fort, qui juge approchant tout ce que l’on pourrait tenter oser de faire. Et ça, c’est destructeur de façon générale, mais encore plus ici, dans le travail à la planche à dessin. Parce que pour oser commencer, travailler, essayer, se risquer, il faut développer de la bienveillance envers soi-même et envers son travail, beaucoup de bienveillance. Ca n’est pas facile. C’est en cela que le travail à la planche à dessin est difficile : cela signifie en gros affronter ce critique intérieur. C’est là tout le challenge à mon avis. Ce travail implique de garder du mieux qu’on peut son critique intérieur très loin de soi, se donner le droit de « pétouiller », de faire des erreurs (ça c’est essentiel!), de ne pas « faire joli », d’apprendre, de ne pas savoir, de perdre son temps. J’ai beaucoup appris à ce sujet à mon cours de graphisme. Etrangement, c’est peut-être ce que j’y ai appris de plus important : développer une idée prend du temps, alors, on y travaille. Passer deux heures devant son bloc de papier et dessiner, faire des croquis, reprendre, passer à autre chose, puis y revenir, développer, avoir envie de s’arrêter, se dire qu’on n’a plus d’idées, regarder autour de soi et puis, une nouvelle idée, l’essayer, essayer encore et encore. Et recommencer. Et que ça soit normal!

Pour m’entraîner à tout cela à la maison, quand ce n’est pas si facile de mettre deux heures à part pour griffonner du papier, j’ai développé deux-trois astuces qui me permettent de m’installer derrière mon bureau :

  • Se fixer un temps pour travailler. Le prévoir dans son planning. Prévoir aussi le temps que je vais y consacrer. Deux heures, c’est le plus souvent un peu trop ambitieux. Mais une heure est extra : suffisant pour pouvoir s’impliquer dans la pratique, mais pas trop pour ne pas oser s’y lancer!
  • Prévoir une bonne tasse de café au lait!
  • Savoir ce que je vais travailler à l’avance. J’ai eu ma période fleurs et plantes (apprendre à les styliser, à jouer avec leurs formes), puis ma période mains, puis le corps humain en général, les mouvements, imaginer des personnages. En ce moment, je suis très « maisons ».
  • Organiser aussi la méthode , en variant le type de dessin : dessin d’observation (soit à partir de la réalité ou de photos), dessin de mémoire ou un peu des deux.
  • Faire des pauses. C’est plus important que ça en a l’air… Prendre un peu de recul permet de ne pas tout jeter ou de s’orienter un peu différemment.

Etre bienveillant, c’est accepter que dans ce processus il y a beaucoup de déchets. Pour un bon croquis, il y en a généralement beaucoup de moins bons. Et c’est ok. Même si, avec le temps, je découvre que même un croquis un peu décevant peut être retravaillé, découpé… on peut tout aussi bien décalquer une partie intéressante et améliorer ce qui peut l’être. Donc, idéalement, avoir autour de soi : photocopieuse-imprimante, papier calque et ciseaux. Et je ne parle pas ici de ce qui peut être fait à l’ordinateur… Donc, attention de ne pas avoir de jugement trop hâtif et de jeter à tout va. L’idéal est de regarder ses croquis quelques jours plus tard, avec un peu de recul…

Et puis se dire aussi, qu’avec le temps, ça devient plus facile. On développe petit à petit une forme de confiance en soi, en son travail. On réalise très concrètement que notre technique évolue, que sa main devient plus sûre. On apprivoise probablement un peu tout cela et le critique surtout, en tout cas certains jours. Ce qui est un gros progrès!

La semaine prochaine, je vous parlerai du travail à l’ordinateur, qui a d’autres règles et d’autres pièges…

Avertissement : ce billet est très tendance type A ;-)!!

Je vous parlais la semaine passée du blog d’Elise Blaha… Il y fourmille d’idées intéressantes dont celle-ci :

C’est un tableau à 365 cases… vous me voyez venir? L’idée est de travailler tous les jours à un projet qui nous est important, et de cocher chaque jour où l’on l’a effectivement fait. Je trouve cette simple feuille formidablement stimulante pour plusieurs raisons. 
  1. Elle donne l’occasion de penser à ce qui est important pour nous.
  2. Elle est un rappel de ce que les projets qui comptent s’inscrivent dans la durée et que ça n’est pas parce que c’est un gros projet que c’est impossible : un jour après l’autre. 
  3. Elle encourage à y travailler quotidiennement, à rendre cette action prioritaire.
  4. Voir les ronds se noircir au fil des semaines est très stimulants et cela donne un sentiment de fierté positive. 
  5. La pensée « Shoot for progress not perfection » (vise la progression et non la perfection) rappelle juste que si je manque un jour, c’est ok! Tous les autres ronds noirs sont là pour me permettre de relativiser.  
Même si l’année est largement entamée, si ce tableau vous intéresse, vous pouvez le télécharger sur le site d’Elise. Il est aussi possible d’en imaginer facilement un « fait main » bien sûr, sur un calendrier ou une simple feuille de papier….
Ok, je suis prête à entendre que ce tableau, c’est du type A tout craché… j’assume assez bien finalement!
Ah, et le mien de tableau tout de même….
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Warning: this post is a very type A one 😉 !!
I mentioned last week Elise Blaha ‘s blog.. It is full of interesting ideas and especially this one (see the picture above). It is a spreadsheet with 365 boxes … you see me coming? The idea is to work every day to a project that is important to us, and check off each day we in fact did this work. I find this simple sheet tremendously exciting for several reasons :
  1. It provides an opportunity to think about what is important for us.
  2. It is a reminder that it is not because a project is big and takes time that it’s impossible: one day after the other.
  3. It encourages to work every day, to give priority to this action.
  4. To see the rounds getting black over time is very exciting and it gives a feeling of positive pride.
  5. The thought « Shoot for progress not perfection » just remember me that if I miss a day, that’s ok! All other black circles are there to allow me to relativize.
Although the year is well under way, if you are interested in this spreadsheet, you can download it from the Elise site. It is also possible to easily imagine a handmade one of course, on a calendar or a simple sheet of paper ….
Ok, I’m ready to hear that this spreadsheet is very much type A…  but I finally assume it quite well!
And my own spreadsheet is the second picture… 

Avec la fin du mois de mars arrive la fin de mon premier Bullet Journal de l’année. Espérance de vie : trois mois! Je termine le passage de l’un à l’autre et j’avoue que ça m’a un peu de stressée! Petite manifestation de mon type A! J’ai réalisé que c’est un peu comme déménager! Sérieusement! C’est comme laisser un endroit où j’ai habité, avec l’envie de tout emporter… Et pourtant, il faut faire du tri, reporter les rubriques toujours en cours, renoncer à d’autres.

Bon, voilà, c’est fait. Mon nouveau Bullet Journal tout rose est prêt à l’emploi, je suis apaisée… tout est sous contrôle ;-)!!
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With the end of March comes the end of my first Bullet Journal of the year. Life expectancy: three months! I finished the transition from one to the other and I admit this stressed me! Light manifestation of my A type! I realized that it’s a bit like moving! Seriously! It’s like leaving a place where I lived and wishing I could take everything with me …

Well, now it’s done. My new pinky Bullet Journal is ready to be used, I am calmer … everything is under control;-) !!

Il semble que penser couché ouvre l’esprit… C’est du moins ce que le mentaliste dit! Je crois que je vais essayer….
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The Patrick Jane’s method

It seems that thinking on a sofa open the mind … This is at least what the mentalist said! I’ll give this a try….


J’avoue être très en mode type A en ce moment… Qu’est-ce que ça veut dire? Je pars en vrille, en mode stress total, le coeur qui tape, le cerveau qui fonctionne à cent à l’heure. Je me mets un maximum de pression, je n’arrive pas, ou très mal, à me détendre. Ca m’arrive assez souvent pour être honnête. J’y travaille beaucoup, mais ça n’est toujours pas totalement gagné. La définition du type A, vous la trouvez ici. Il semble que ça soit un concept plus répandu dans les milieux anglo-saxons, ce qui fait qu’une majorité de sites sont en anglais. Mais, en résumé, un type A, c’est :

La personnalité de type A a été définie par Meyer Friedman (en) et Ray Rosenman en 1959 comme une conduite caractérisée par une hyperactivité, un sentiment d’urgence, un énervement facile, ou un hyper-investissement professionnel.L’individu au comportement de type A se caractérise par le besoin de contrôler son environnement afin de réduire son incertitude1 . Ces attitudes augmentent les risques de vivre des conflits interpersonnels. Souvent, il place la barre haut: il a des exigences élevées tout en manifestant un sens de l’autocritique très poussé par rapport à ses accomplissements. On dénote des attentes irréalistes de perfection incompatibles avec le droit à l’erreur (croyance irrationnelle établie par Ellis). Source Wikipedia. 

Voilà… c’est un peu, assez, beaucoup moi, même si il semble que ça peut passer assez inaperçu dans mon entourage.  J’avais envie d’écrire ce billet pour tenter de désamorcer le truc, essayer d’en rire à l’avenir. Vous verrez donc ici ou là dans mes billets une référence à ce trait de personnalité et j’aimerais beaucoup être capable de me dire : Mireille, c’est ton type A qui frappe là! De mettre des mots sur ce phénomène me semble déjà énorme. Ca met de la distance. Ca externalise le problème d’une certaine façon… Je le trouve tout-de-suite moins compliqué à gérer.

Comment je le gère d’ailleurs? C’est un équilibre assez difficile à trouver. J’aime avoir des buts, y travailler. Ma difficulté première est de m’arrêter, de dire « c’est bon, c’est assez »!  Ici, c’est toujours du work in progress, mais à ce stade, j’ai découvert deux-trois choses qui fonctionnent assez bien pour moi:

  • Je ralentis. Quand j’ai pris conscience de mon emballement (nervosité, tensions, impatience, agressivité… du stress quoi!), je ralentis. M’arrêter serait est idéal, mais un idéal justement. Irréaliste et trop stressant pour moi à ce moment-là. Ralentir est un bon compromis. Je réduis le nombre de choses sur ma todo liste et m’octroie des plages de repos : relaxation, série télé en pleine après-midi sont de simples mais bons outils. 
  • Je choisis des activités recentrantes, presque méditatives comme le crochet et le dessin. Toutes les activités qui demandent une légère concentration et qui permettent à l’esprit de se focaliser sur une chose simple et ainsi de se calmer. 
  • Je prends le temps de m’organiser soigneusement, de prévoir ces temps de repos, de tenir compte de mes besoins du moment, d’être très vigilante à la masse « de choses à faire ». Je m’oblige à procrastiner consciemment et à remettre à plus tard ce qui peut l’être. 


Je ne terminerai pas sans préciser que si je souffre parfois de ce type A quand tout cela s’emballe, je dois reconnaître que, sous contrôle, j’ai le sentiment d’avoir un superbe moteur à l’intérieur. Il me pousse à explorer de nouveaux territoires, me donne de l’énergie et de l’élan, une forme d’audace, l’envie de toujours apprendre et découvrir. Et ça, c’est infiniment précieux. 

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