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Procrastination

Depuis cet été, je souffre de procrastination dans l’écriture de mon roman. J’ai eu de la peine à l’admettre, tant je procrastine peu habituellement. Mais là, dans la réécriture, je procrastine. En grande partie parce que je ne sais pas comment on fait pour réécrire un livre.  Ecrire, j’ai un peu appris, mais réécrire, je ne sais pas. Il y a ça et puis il y a aussi ma tendance perfectionniste qui a repris vigueur. Je ne veux pas simplement écrire un roman, je veux écrire un bon roman. Ce virage, à un moment du processus, est LE piège. Le mur contre lequel l’enthousiasme et l’innocence des débuts vient se fracasser.

Cerveau gauche

Ce moment correspond à celui où le cerveau gauche doit reprendre sa place dans le processus créatif. Dans la première phase d’écriture, on apprend à laisser le cerveau droit faire le travail avec plus ou moins de liberté. Plus on lui en laisse, mieux votre histoire prend forme. C’est un processus de lâcher prise et de confiance. Et puis, vient le moment de réécriture où le cerveau gauche doit à nouveau reprendre du service. C’est nécessaire. C’est lui qui va juger ce qui doit être amélioré, laissé de côté, corrigé. Le tout est de ne pas le laisser totalement maître à bord. C’est un équilibre à trouver et l’équilibre n’est pas inné. On a tous très souvent un esprit critique très développé et il est très facile dans cette phase de tomber dans la déconsidération de tout ce qui a été écrit jusque là. « C’est nul, ça craint, tout ça pour ça, retourne dans ton trou, arrête ça pendant qu’il en est encore temps, fais autre chose… »  Le mur donc. Il m’a fallu plusieurs semaines pour trouver un chemin dans ce flot de critiques intérieures. Parce qu’au delà du discours négatifs, il y a LA grande question : comment fait-on pour corriger quelques 60’000 mots? Comment donner du rythme, ménager l’intrigue, gommer les erreurs et les approximations? Sans compter que ce ne sera jamais assez bien, qu’il faudrait toujours avoir lu un livre de plus pour savoir comment s’y prendre et que de toute façon, tout a déjà été dit et tellement mieux que je ne saurai jamais le faire.

Changement d’optique

J’ai été tenté à un moment d’abandonner quelques temps, pour faire autre chose. Et puis, j’ai changé d’optique : et si je choisissais l’option « roman écrit » plutôt que « roman prix Pulitzer »? Avoir comme seule ambition d’aller au bout. C’est moins sexy, tout-de-suite moins excitant, mais ça à le mérite d’être concret et réaliste. J’apprendrai beaucoup plus en terminant un roman imparfait qu’en laissant traîner une histoire à moitié développée dans l’attente d’une inspiration ou d’un coup de génie. Ce ne sera pas parfait, mais ça serait fait. Et dans le processus, j’aurai au moins appris ce qu’il faut pour recommencer le suivant.

Concrètement, j’ai donc tout relu et annoter. Je fais une pause de deux semaines, puis commence concrètement la réécriture, soit développer ce qui demande à l’être, apporter des détails qui donneront chair aux personnages et vie aux scènes. J’ai fini de compléter un storyboard-panneau d’inspiration avec les photos prises cet été dans mon voyage en Angleterre. L’écriture se fera donc aussi en contemplant ce mur à la recherche de ces détails qui font toute la différence.

A bientôt, Mireille

Voici un article un peu plus personnel, puisque j’aimerais vous parler du rapport à mon corps. Depuis quelques mois, je suis devenue particulièrement sensible à la honte et à la violence qui peut s’y glisser. Comme chacun, j’y ai bien sûr été confrontée depuis pratiquement toujours, mais la ménopause est venue accélérer ce phénomène. Mon apparence a changé de façon importante et très rapide. J’ai dû apprivoiser un nouveau corps, aka de nombreux kilos supplémentaires en quelques mois. Ça a été un choc. J’ai eu le sentiment de passer par une seconde adolescence, mais en moins sexy. J’ai dû résister à une envie de détestation de mon corps, sans y parvenir toujours.

Injonction de la minceur

Les injonctions à la minceur font que je vis mal les rondeurs qui s’installent et ma silhouette qui s’épaissit. J’ai le sentiment quelque part de ne pas être à la hauteur, de ne pas être suffisante. Et c’est terrifiant quand on y pense. Je n’ose imaginer ce que doivent ressentir et depuis toujours les personnes avec un handicap. J’imagine qu’ils ont fait le chemin le plus dur, ce chemin profond, loin des messages superficiels de notre société : reconnaître notre humanité, reconnaître notre droit inaltérable d’exister, percevoir sa propre valeur au delà de l’apparence, reconnaître le divin en soi. C’est un chemin silencieux, solitaire et profond. Très. Et long. Tellement long pour une société qui prône l’immédiateté. C’est aller à contre-courant. C’est faire le job. Sans publicité, avec souffrance, sans reconnaissance, mais avec ce qu’il y a de plus précieux en soi : son humanité. Voilà ce que m’amènent à penser quelques (peut-être un peu plus) kilos de plus…

Les réseaux sociaux

Si on critique souvent les réseaux sociaux pour leur rôle négatif dans la perception de soi par rapport aux autres, j’ai, dans ce cas, découvert tout un mouvement de « body positive » (soit, et ce sont là les limites du français, « corps positif ») qui combat les injonctions et les canons de beauté dont nous sommes bombardés. Ces femmes (voir liens ci-dessous) sont des militantes qui font preuve de courage et d’audace en affichant leur corps et leurs rondeurs sans complexe. Je suis une Suissesse en vrai et par nature, mais ça ne m’empêche pas de penser que, parfois, il faut des révolutions pour faire avancer une cause. On a besoin de militantes pour faire bouger les lignes J’ai trouvé dans ce mouvement un encouragement à m’accepter moi et mon corps changeant. J’ai beau me dire qu’on a le droit d’exister même si on est gros, vieux ou moche, n’empêche que les messages absorbés depuis toujours me font en douter trop souvent. Et ce n’est pas acceptable. Non, ce n’est pas acceptable de juger une personne sur son physique ou sur sa taille. On est beaucoup plus que des chiffres sur une balance.

Apprendre à s’accepter

Je n’ai pas une âme de militante. Je doute que je poserai un jour en maillot de bain sur Instagram, assumant mes rondeurs et ma peau d’orange, mais, par contre, je choisis de m’aimer. En douceur. Patiemment. Avec des hauts et des bas, mais aussi avec persévérance. Mon projet couture dérive directement de cette prise de conscience. Puisque le prêt à porter ne semble pas correspondre à mes courbes et que le shopping s’assimile désormais à une corvée, j’ai choisi de me coudre ma garde-robe. Ce n’est pas plus facile, mais c’est tellement plus satisfaisant et excitant. Ça m’aide aussi à me poser plus sérieusement des questions utiles (comme de quoi j’ai envie, quelle coupe me va le mieux,…) et me permet d’adapter les patrons selon mes mensurations! J’ai lu que l’acceptation de son corps, c’est avoir la posture de : comme j’accepte que le ciel soit bleu, j’accepte mon corps tel qu’il est. Tenter d’arrêter la guerre à coups de régime et de sport à outrance. Faire la paix. C’est tout ce à quoi j’aspire. Je pense aussi que c’est nécessaire de faire cette démarche à un moment, une façon d’apprendre à vieillir aussi et à accepter ce corps qui change. Pour moi, c’est le moment ou jamais.

Quelques liens :

  • Une femme qui fait du bien : Stasia Savasuk. Si vous comprenez l’anglais, prenez le temps de voir celle-ci (Ted Talk). Elle fait du bien à l’âme.
  • Côté français, il y a Ely Killeuse. Elle a sorti un livre qui est un succès en libraire.
  • Côté monde anglo-saxon, il y a Meghan Jayne Crabbe et son livre  ou encore Isabel Foxen Duke.
  • Une approche qui m’aide et me soutient est celle de l’alimentation intuitive développée par Evelyn Tribole en particulier. Le livre qui m’a convaincu d’abandonner l’idée de régime.

Pour résumer : nous valons beaucoup plus que notre tour de taille ou de hanche. Ne jamais l’oublier!

Prenons soin de nous! Mireille

 

Réécriture

Depuis la rentrée, je travaille à la réécriture de mon roman. J’ai terminé une première version, un premier jet avant de partir en Angleterre. Une première version est cela, juste une première version. Je l’ai écrit en essayant de tenir l’esprit critique à distance. Il s’agit donc d’une version brute, avec du bon, du moins bon et du mauvais. L’important est d’exister, d’être une base sur laquelle travailler.

J’ai trouvé le passage entre première et seconde versions délicat. Je n’ai aucun métier. Je ne sais souvent pas exactement ce que je fais et encore moins à quoi j’en suis. J’avais conscience d’avoir une base, mais sans plus. Paradoxalement, je découvre que c’est souvent difficile de prendre conscience qu’on a passé un cap. J’ai tendance à dénigrer mon travail. C’est presque plus facile pour moi de vivre avec le sentiment de « ne pas y arriver ». Je l’ai vécu avec le projet de ma garde-robe maison cet été. À un moment, j’ai compris que, oui bien sûr, j’aurais pu encore coudre une robe, un autre pantacourt, mais dans le fond, j’avais ce qu’il fallait. C’était assez. J’y suis arrivée. Ce phénomène s’explique peut-être en partie par ce fameux FOMo, Fear Of Missing Out (= peur de manquer).

Ma ligne d’arrivée

J’ai donc besoin de mettre des balises, de poser de claires lignes d’arrivées. Au moins pour m’assurer que quand je les franchirai, je saurai que je les ai franchies. La mienne, actuellement, est : fin décembre, j’ai terminé ma seconde version. Je n’ai aucune idée si j’y arriverai, mais j’avance. Un pas après l’autre. Parce qu’il n’y a aucune autre façon d’avancer. Pour l’instant donc, je relis. Je pose des questions. Je me dis : comment pourrais-je amener des mystères? Comment développer l’intrigue, en ajouter d’autres, secondaires? Comment épaissir cette histoire, donner plus de chairs aux personnages? Je remplis des petites fiches qui me permettront, j’espère, de pouvoir jouer avec la structure d’une façon plus « physique », d’essayer plusieurs versions.

Ce n’est pas facile de prendre le temps de s’arrêter, de voir ce qu’il y a à faire et de penser calmement à la prochaine étape. C’est plus facile de se dire : «  Je suis nulle, je n’y arriverai jamais, comment ai-je pu imaginer faire une chose pareille, je n’ai pas les compétences, si seulement je… ». Ça, c’est assez facile. Dire : « Ok, j’ai cette histoire, j’ai ce premier jet. Comment je peux l’agencer, jouer avec ces scènes, les développer? », c’est plus de travail. C’est compliqué, ce n’est pas linéaire, c’est plein d’essais, d’erreurs et d’itérations.

L’écriture, un processus lent

La vérité est que l’écriture est un processus lent. La lenteur ne plaît pas à mon esprit critique. Celui-ci veut du résultat. Il veut avancer. Il veut cocher des listes. L’écriture ne lui plaît pas : on ne sait pas si ce qu’on fait est bien (ce n’est jamais assez bien d’ailleurs), il n’y a pas de clairs repères et on ne peut compter sur aucun résultat sûr. Et c’est surtout beaucoup trop lent. Il faut des mois, des années pour écrire une simple histoire. C’est insensé. Insensé pour mon esprit critique en tout cas. Ainsi donc, si prendre son temps semble être la subversion absolue dans un monde de vitesse, je suis subversive. Je me donne le temps d’écrire, de penser, d’élaborer un récit, d’apprendre, de me tromper, de recommencer. À cinquante ans, c’est le moment ou jamais d’oser la subversion, non?

 

Focus et jalousie

Il y a un concept qui m’attire, c’est celui de focus. C’est un terme anglais qui se traduit par « concentration », mais je trouve qu’il possède en lui-même quelque chose de plus. C’est une façon non seulement de se concentrer, mais de choisir de porter son attention et son énergie, de faire converger, d’amener au centre.
En parcourant des blogs et les flux sur Instagram en particulier, je me surprends souvent à jalouser les sites « de niche ». Je voudrais moi aussi être capable de faire une chose parfaitement, de maîtriser un domaine, de poursuivre une quête, de construire ma cathédrale. Me spécialiser. Faire une seule chose, mais la faire à la perfection. Peut-être que la jalousie me montre un chemin. Probablement. Je voudrais choisir, m’engager, me consacrer à un domaine, tout en y parvenant jamais. Oui, je choisis, mais plus ou moins rapidement, à un moment, j’aurai envie d’essayer autre chose. Je serai curieuse de m’intéresser à un autre domaine, de le découvrir. C’est puissant la curiosité, c’est une force que je dois apprendre à canaliser. Parce que je suis aussi consciente que je suis souvent curieuse à un moment où le domaine dans lequel je me suis investi me pose un challenge. Je rencontre un obstacle et je choisis plutôt que d’y faire face, de le contourner.  Il y a des moments où cette réaction est saine, où l’obsession ne mène à rien, où faire un pas de côté permet de découvrir de nouvelles perspectives. Mais il y a aussi des moments où la persévérance est le chemin, où je dois franchir un cap. J’aime les débuts, j’aime découvrir, j’aime rechercher, je peine à persévérer. Et je sais que c’est que je dois travailler à présent. C’est ce que me raconte ma jalousie.

Main Focus

L’approche que je tente en ce moment est celle du « main focus » : je choisis un domaine qui est prioritaire, j’y consacre la majorité du temps que j’ai à disposition, tout en gardant en parallèle quelques autres projets moins gourmands en temps et en énergie. Mon « main focus » du moment est de retravailler le premier jet de mon roman et de terminer une seconde version à la fin de l’année. A côté de cela, je cultive mon jardin, je couds quelques robes et m’essaie à la couture de sacs. J’aime bien ce mélange, il me donne un espèce d’équilibre entre concentration, mouvements et rythmes. J’ai dû renoncer à l’idée de me coudre une garde-robe complète, projet trop complexe et chronophage et ai opté pour quelques pièces, surtout des robes. Je deviens sage, n’est-ce pas? Pourtant, je dois rester vigilante. Tenter de coudre un sac, par exemple, m’a tellement plu que mon esprit avait déjà envie d’en coudre davantage, de les mettre en vente, de dessiner des patrons et de créer une boutique en ligne. C’est ainsi que mon esprit fonctionne et ce n’est pas de tout repos. « Ok, Mireille, cool… chouette projet, mais revenons à ce manuscrit, tu veux bien? », voilà ce que je dois me dire encore et encore.
Alors, je vais tenter de persévérer. Si ça semble moins amusant a priori, je suis prête à parier que c’est par contre drôlement satisfaisant.

Ranger backbag

Backbag pattern by Noodlehead

 

Leçons de ma première année dans mon jardin :
  1. Ça demande du temps.
  2. Ça demande beaucoup de temps.
  3. Ça demande beaucoup de patience.
  4. Ça demande du travail.
  5. On se pose mille questions étranges, par ex. pourquoi les chenilles/insectes/ou je ne sais quelle bête ne rongent que les feuilles de MES fleurs? (et pas des mauvaises herbes)
  6. Il faut se préparer à l’échec : sur mes quelque soixante semis, seuls deux cosmos, trois amarantes, cinq pois de senteur. Trois de mes dix rhizomes de dahlias ont poussé. Par contre à peu près toutes mes semis de cerinthes ont pris. Donc, pas mal de frustrations à gérer.
  7. Quand on n’y croit plus, alors qu’on se résigne à ne pouvoir cueillir aucun bouquet de son lopin de terre stérile, alors qu’on pense ne pas avoir la main verte, le jardin soudain explose et vous surprend par sa générosité.
  8. Ça devient alors délicieux de veiller sur ses plantes et de les voir pousser. C’est bon. On se sent presque une reine en son royaume.
  9. Et alors que vous aviez planté des fleurs pour en faire des bouquets, vous découvrez que vous résistez à l’idée de les cueillir, que cet acte vous semble alors presque cruel, trop irrémédiable.
  10. Mais quand je tiens entre mes mains un bouquet de fleurs qui viennent de mon jardin, c’est comme un petit miracle et j’en danserais presque de bonheur. 

Alors malgré le temps, le travail, les déceptions, les questions, l’investissement, je pense : je vais bientôt commander des graines, planter quelques vivaces, peut-être construire une petite serre, nourrir la terre, laisser passer l’hiver et me réjouir du printemps à venir.

Parce qu’après six bouquets cueillis dans mon jardin, j’ai pensé : « je pourrais bien m’offrir cette cisaille de jardinier!  » Il me semble toujours que, d’une certaine façon, l’habit fait le moine. Cette cisaille devrait donc attester que je suis devenue une vraie jardinière. Je suis mignonne….

N’empêche : j’adore le petit clac de ma cisaille quand elle coupe une fleur. Ce petit bruit justifie à lui seul cet achat et sa place ici, au panthéon de mes objets.

Vous l’aurez sans doute remarqué,  j’ai complètement repensé ce site. Il était laissé à l’abandon depuis quelques mois, parce qu’il ne me correspondait plus vraiment en réalité. Depuis une année, j’ai progressivement délaissé l’illustration au profit de l’écriture. J’ai écrit un petit manuel sur comment tenir un carnet et, comme ça arrive souvent, à peine avais-je fini de l’écrire, j’ai abandonné l’idée d’en tenir un. J’avais pris goût à l’écriture. Et bien sûr, parce que je ne sais pas faire autrement, j’ai lu beaucoup de livres sur comment en écrire un. Tellement que j’ai eu envie d’en tenter l’expérience. Je m’en suis d’abord défendue et puis, j’ai cédé.

Dire que l’on écrit…

Écrire et dire que l’on écrit n’est pas quelque chose de très aisé. Mes illustrations sont plus faciles à partager. Tout au plus n’aimera-t-on pas mon style, mais quand vous dites « J’écris », on a le sentiment que l’autre vous regarde d’un drôle d’air et on jurerait de presque entendre ce qu’il pense : « Tu te prends pour qui? Tu es qui pour écrire », sous-entendu qu’écrire est une chose sérieuse, qu’il faut avoir des choses à dire et qu’il faut le dire de façon intelligente et donc qu’on n’est pas convaincu que je le sois suffisamment. On sait que l’autre pense cela, parce qu’on l’a soi-même pensé longtemps et qu’on continue même à se le dire régulièrement.

Et pourtant, j’écris. J’écris, comme je dessine, depuis toujours. Plus ou moins intensément, mais j’ai toujours aimé ça. Et puis lire, bien sûr. La seule différence, c’est qu’à présent, je le fais avec plus de consistance, de dédicace et de discipline. Ça veut donc dire que tous les jours, j’écris. Pas toujours comme je le voudrais, pas toujours de façon très inspirée, sans en avoir toujours envie, mais je me mets à mon bureau, je me prépare une tasse de café et j’écris.

Les pages du matin

J’ai commencé par l’approche des pages du matin de Julia Cameron. C’est une approche du « Je dois écrire trois pages, peu importe que ce soit pour dire que j’ai mal dormi ou mûrir mon grand projet dans l’existence, peu importe si c’est magnifique ou de la daube. Le truc, c’est juste d’écrire trois pages. Point ». Dans l’absolu, il faudrait le faire avant tout autre chose dans la journée. Cette méthode libère. J’ai découvert qu’en réalité, j’ai toujours quelque chose à raconter ou à dire. Il suffit que je laisse les mots venir sur la page. C’est comme ouvrir le robinet d’eau : on le tourne et on a l’assurance d’avoir de l’eau qui coule. Ce n’est pas si étonnant quand on y pense : on se plaint si souvent de penser sans cesse, d’être si peu capable d’interrompre le flux incessant de ses pensées. Les laisser se déverser sur la page permet de les mettre à distance, de faire un peu d’ordre, ce qui constitue une forme d’hygiène dont j’aurais à présent du mal à me passer.

Et se décider à écrire un roman

Et puis, à un moment, on a souvent envie d’écrire une histoire. Nous sommes câblés ainsi, pour les histoires. Et j’ai ainsi commencé d’imaginer la mienne, mon roman, petit à petit. J’en parlerai ici, mais pour aujourd’hui, je voulais juste vous partager et vous expliquer ce virage. J’y ai résisté longtemps. Je préférais le faire discrètement, sans publicité. J’avais même imaginé qu’un jour je dirais, au hasard d’une conversation « Tiens, au fait, j’ai écrit un roman ». Il y a aussi ce conseil que tous les sites sur le sujet vous donnent : un site doit être cohérent, cohésif. Le focus est roi, il ne faut pas se disperser, au risque de rendre le lecteur perplexe et de le perdre. Je pensais donc laisser ce site ainsi, l’alimenter les fois où je reviens à l’illustration, le laisser donc mourir un peu. Et puis, tout cela a mûri en moi, en partie parce que j’aime cet espace. J’aime l’idée de cet endroit pour m’exprimer et raconter mon monde. J’ai fini par envisager qu’il puisse être, comme moi, vivant donc évoluant et changeant. Et puis, j’ai aussi pris conscience que j’avais envie de partager ce que je fais. On a si peu l’occasion de le faire « dans la vraie vie », j’aimerais le faire ici, je vais investir ce lieu qui est le mien sur la grande toile.

Voilà donc pour ce virage. Ayant envie de davantage partager mes textes, je renonce provisoirement à la traduction en anglais. Mais mes nouveaux lecteurs découvriront dans quelques billets du texte en anglais. Ils concernent tous mes illustrations qui étaient à l’origine destinées à un portfolio qui se voulait le plus international possible pour toucher un plus grand public. Je ne sais pas encore tout à fait comme je vais faire tenir tout ça ensemble, mais je suis décidée à tenter ma chance et d’explorer. Ce sera peut-être un peu chaotique à certains moments, comme l’est la vie finalement. Je le ferai le plus honnêtement possible, maladroitement donc parfois, mais ça fait aussi partie du processus.

Voici un billet un peu différent! Ce début d’année, il semble que mes passions créatives me distraient de l’illustration. Pas totalement, mais un peu, oui. Et comme toujours, ces évolutions se font très organiquement, presque par surprise.  En fin d’année passée, après une séance de shopping particulièrement déprimante, j’ai eu une idée un peu folle: et si je me cousais ma garde-robe? Voilà ma réaction face à un prêt à porter qui ne convient pas aux quelques kilos pris ces derniers mois.
Pour ceux qui me connaissent depuis suffisamment longtemps, j’ai déjà cousu beaucoup à une période de ma vie, avant de me lancer dans l’illustration. Je créais des t-shirts originaux que je vendais sur ma boutique Etsy ou dans des boutiques de ma région. Sans beaucoup coudre pour moi, j’ai malgré tout un petit bagage qui a probablement permis à cette idée de germer dans mon esprit.
Ce projet a donc fait son chemin en moi, mais je réalise qu’il me demande plus de temps et d’attention que je m’étais imaginé. Ce qui fait que je  suis moins productive dans mes collages et mes autres illustrations. J’ai d’abord un peu résisté, tenté de mener tout de front, mais je suis arrivée à la conclusion que je voulais mettre la priorité sur ce projet de couture, que ça fait partie d’un processus plus large d’acceptation de moi, une façon de prendre soin de moi. Se sentir bien dans des habits qu’on aime est une jolie façon de le faire. De plus, la période du jardinage commence bientôt et j’ai le projet de planter toute une parcelle de fleurs à couper. Ma pratique du dessin et du collage sera donc moins intensive ces prochaines semaines, mais je sais que j’y reviendrai. J’ai déjà souvent observé ce flux de mes passions qui vont et viennent, mais jamais ni très loin, ni très longtemps. Elles sont à l’image de la vie, toujours changeante et en mouvement. Et c’est bien ainsi. C’est aussi ce qui les rend belles et uniques, parce que vivantes. Je prévois de vous partager ici un peu de ce projet et pourquoi pas quelques trucs et astuces que j’aurai glanés, parce que j’adore ça: partager avec vous.
Une autre de mes passions qui celle-ci est très constante, est de documenter ma vie. J’aime cette façon de suivre les choses qui sont importantes pour moi, sous forme de photos ou de textes. C’est quelque chose qui est devenu très naturel, presque une seconde nature avec le temps. Et j’aime ce petit espace sur la toile pour partager un peu de ce j’aime et qu’on a si peu l’occasion de partager dans la vraie vie.
Me suivrez -vous? Je voudrai bien en tout cas!
A bientôt, Mireille
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