A propos de la bienveillance envers soi

Comme promis, je vais publier ici quelques extraits de mon livre “Un carnet à soi” et je commence… par le début! J’ai voulu souligner l’importance de la bienveillance envers soi dans la pratique de l’art, quelque soit la discipline choisie. Il me semble qu’on l’ignore souvent et pourtant c’est essentiel. Alors voici ce court chapitre dans son intégralité:

2. Ce qui est le plus essentiel à ce voyage

Avant toute chose, j’aimerais insister sur ce qui est essentiel à ce voyage et qui est le plus souvent ignoré : il faut beaucoup beaucoup d’amour et de bienveillance pour créer. Il en faut pour se lancer, pour progresser, pour oser, pour partager, pour recommencer, pour persévérer, pour surmonter les obstacles, pour faire face à la résistance.

Si j’ai appris une chose de ma pratique, c’est cela. Ou peut-être que la pratique m’a appris à m’aimer. C’est plus probablement cela. Si on n’apprend pas à s’aimer, à apprécier ses réalisations imparfaites, à embrasser ses erreurs, à profiter du chemin et à recommencer encore et encore, on finit par se détester, soi-même et tout ce que l’on fait, on se sabote, on s’obsède et on finit par tout arrêter ou se détruire. Pas toujours aisément, mais j’ai choisi la première option.

Plus qu’une technique ou un talent, ce qui est demandé ici, c’est d’apprendre à évoluer et naviguer dans un territoire inconnu, celui de la créativité. Cela peut être très déstabilisant. Excitant oui, exaltant, enthousiasmant, mais parfois, aussi, déstabilisant. Et dans ces moments-là, il est impératif de se montrer bienveillant envers soi-même, de se poser des questions constructives plutôt que de s’asséner des jugements destructeurs. Par exemple, préférer se demander : « Qu’est-ce que je pourrais mettre en place pour que cela fonctionne mieux? De quoi ai-je besoin pour consacrer du temps à ce qui est important pour moi?», plutôt que d’en rester à des réflexions de type : « Tu es nul, tu n’es pas discipliné, tu n’arriveras jamais à rien, tu ferais mieux de… ».

Il est probablement très naturel que de penser « je suis nul, je devrais savoir faire, si seulement je savais, les autres y arrivent mieux, ils ont compris, eux! ». Mais c’est faux. Personne n’a appris autrement qu’en pratiquant beaucoup, en se trompant, en corrigeant le tir, en cherchant, en interrogeant et, comme dirait R.M.Rilke « en aimant les questions elles-mêmes ». C’est un voyage passionnant, mais qui demande beaucoup de gentillesse et de patience envers soi.

Si vous avez envie de poursuivre la lecture, vous trouverez tout ce dont vous avez besoin ici. Et je publierai prochainement un nouvel extrait.

A bientôt, Mireille

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