J’ai un rapport au temps compliqué. J’en manque toujours et celui que je grappille, je le remplis de choses à faire. Je sens bien que je devrais m’arrêter davantage. Je sais que j’aime infiniment ça : m’arrêter et observer la vie, le monde, mes pensées, les autres. Et pourtant je ne prends pas le temps je ne me donne pas ce temps. Ou quand je me l’autorise, les assauts de culpabilité sont tels que je préfère faire quelque chose que de rester la cible de cette déferlante de critiques.

N’empêche. Je sais que j’ai besoin de m’arrêter, de lever ma tête de mes listes de choses à faire et de regarder le monde, perdre mon temps, ne pas avoir d’agenda ni d’objectifs à atteindre.

Je me suis imaginé un programme fait de très petits pas, l’expérience m’ayant montrée que les grandes manœuvres, dans ce domaine, n’apportaient qu’anxiétés et résistances inutiles. Petits pas donc : cinq minutes par jour. Où la seule chose admissible est de tenir une tasse de café entre mes mains. Cinq minutes pour regarder, écouter, découvrir, s’étonner, voir et observer. Cinq minutes, ça semble réalisable.

Ce soir, je suis sortie dans le jardin et j’ai observé que :

  • On y trouve des pommes (immangeables, mais décoratives)
  • La glycine produit de drôles de fruits allongés et velus
  • Le tilleul commence à jaunir
  • L’écorce du cèdre ressemble à des écailles carrées, ses branches sortent du tronc, toutes maigres. Il y a là quelque chose de disproportionné.
  • Les oiseaux commencent à se rassembler dans le grand arbre de la maison voisine. Leur piaillement me rappelle que c’est la fin de l’été et mon cœur se serre un peu.
  • Il faudra penser à balayer l’allée, les feuilles commencent à tomber.
  • Les pruneaux ont peu donné cette année.
  • Cinq minutes, ça passe vite. Il y a tant à voir et tant de curiosités à suivre.

 

Je crois que je retournerai au jardin demain… Pour faire mon petit pas et mes observations minuscules. .

 

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