Un carnet à soi – Esprit critique

Esprit critique

 

Un post pour faire suivre à celui de la semaine dernière. C’est mon cadeau de Noël, je publie ici quelques extraits de mon premier livre “Un Carnet à Soi“. Aujourd’hui, j’ai tiré le texte du chapitre consacré à l’esprit critique. En écrivant ce livre, j’ai réalisé que ce chapitre était tellement important. Important parce que l’esprit critique peut à lui seul faire échouer les meilleures volontés et on est souvent très peu conscients de son travail de sape. Alors, voici l’introduction à ce chapitre :

 

7. Esprit critique

Introduction

« C’est nul, tu ne vas pas me dire que tu es content de ce dessin, tu aurais plutôt dû faire autre chose, non mais pour qui tu te prends, pour un artiste, c’est ça, tu ferais mieux de préparer le repas du soir, franchement, regarde ce que font les autres, c’est tellement mieux, tu n’y arriveras jamais, à quoi bon, ça ne sert à rien, c’est nul, tu es nul » Ce monologue vous dit quelque chose? Et ce sentiment de nausée, de mal-être et de tristesse que cela provoque en soi aussi? Voilà le travail du juge intérieur. Il est redoutable, ne pardonne rien, a son avis sur tout et ne se gêne pas pour le donner. Si une page est nulle, c’est que nous sommes nuls. Point. Il est binaire. Nous verrons plus loin que l’on peut apprendre à collaborer de façon plus constructive avec l’esprit critique, mais au départ, il peut tuer notre projet dans l’œuf.

L’esprit critique est ce qu’il y a de plus difficile dans la pratique de l’art. Créer, c’est lui faire face, c’est en prendre parfois violemment conscience. Continuer de créer, c’est apprendre à le gérer. C’est ne pas se laisser arrêter par les échecs, par les erreurs, par les apprentissages, autant de choses que l’esprit critique déteste. Comme il déteste l’inconnu. Ce chapitre est là pour vous préparer. Quand vous créez, l’esprit critique se manifeste, c’est inévitable. Ce n’est pas plus grave que cela. C’est inconfortable, déstabilisant, mais tout l’exercice consiste à ne pas trop le prendre au sérieux. Ce n’est pas parce qu’il juge votre page nulle qu’elle l’est. Vous découvrirez bien souvent que cette même page, quelques jours plus tard vous apparaîtra très différente, pleine de fraîcheur et intéressante.

Je me suis retrouvée au début de ma pratique personnelle très démunie face à l’esprit critique. C’était très violent. J’ai à présent développé quelques tactiques et puis, du mieux que je peux, j’essaie de ne pas lui prêter plus d’attention que ça et de faire mon travail. Une fois qu’on parvient à s’intéresser davantage au processus qu’au résultat à proprement parler, on a franchi une étape importante. Cela signifie que l’esprit critique a moins d’emprise sur nous, parce que lui ne s’intéresse pas au processus. Tout ce qui lui importe, c’est le résultat.

Alors préparons-nous à travers ce chapitre, développons de bonnes habitudes, construisons notre boîte à outils, soyons préparés… et faisons notre travail.

Radio-critique

Ces voix dans la tête, ce genre de fréquence radio-critique qui émet 24 heures sur 24, vous connaissez? Evidemment, vous connaissez! Cette voix qui nous dit :

– Tu ne sais même pas dessiner

– Et si on regardait plutôt la télévision et mangeait du chocolat?

– Non mais franchement, tu te vois avachi devant la télé

– Ce que tu as dessiné/écrit/collé/peint est nul ou pas loin de l’être.

– Ce n’est pas assez bien

– Tu aurais pu faire mieux

– Les autres réussissent mieux que toi

– Tu n’as pas de talent

– Tu perds ton temps

– C’est trop compliqué

– Tu ne sais même pas par où commencer

– Tu n’y arriveras jamais

– De toute façon, tu n’arriveras jamais à rien

– Tu ferais mieux de…

– Tu devrais plutôt…

– Tu ferais mieux de retourner dans ton trou, pour qui tu te prends

Nous sommes tous câblés de la même façon. Cette radio-critique à l’intérieur de soi, chacun l’entend. Si on ne peut pas la supprimer, on peut malgré tout en descendre le volume, ne plus l’écouter autant et même, parfois, se régler sur une autre fréquence. La repérer est déjà énorme. Elle n’est plus autant destructrice quand on la repère. Le danger vient de cette radio au fond de nos têtes qui nous rend tout morose sans que l’on sache bien pourquoi parce que simplement on n’en a pas conscience. C’est pour cela que j’insiste beaucoup là dessus. Parce que j’aimerais beaucoup que vous entamiez ce projet qui fait danser votre cœur et que vous le continuiez. Et je sais que le piège est là.

Honnêtement, j’y tombe encore si souvent ! Alors que je sais. Mais c’est ok. Je repère plus rapidement ce qui est entrain de se passer, en quelques heures, quelques jours, mais plus en semaines et en mois comme cela pouvait se produire auparavant. Et puis l’important est de recommencer encore et toujours.

Et comme la semaine dernière, si vous désirez poursuivre la lecture, cliquer ici, vous trouverez tout ce dont vous avez besoin. Sachez que si vous commandez le livre sur Amazon, yous recevez gratuitement la version ebook, lisible directement sur votre application Kindle.

Je vous souhaite une belle semaine, pleine de douces mélodies plutôt que de radio-critique dans vos têtes! A bientôt, Mireille

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