Je vous avais déjà parlé ici de mon attirance pour le collage. Cela s’est renforcé au cours des dernières semaines. J’avais envie depuis longtemps de poursuivre une seule technique en particulier sur une plus longue période. Début décembre, je me suis offert un grand sketchbook et j’ai décidé de le remplir de collages, mon intention étant de persévérer jusqu’au moins à la fin janvier.

Je me suis souvent reprochée de ne pas être capable de persévérer dans une technique, mon envie tourbillonnant entre l’aquarelle, la sérigraphie, le dessin au trait, au feutre, le pastel, l’acrylique ou la gouache. Je m’y résolvais parfois, me disant que tout cela me permettait finalement de construire une large boîte à outils et que tout ça correspondait à ma nature curieuse. Mais une part de moi savait aussi que je lâchais parfois quand il aurait fallu persévérer et trouver des solutions aux inévitables obstacles et limites de tout médiums.

Collage by Mireille Marchand

Inspirations

Jusque là, j’avais été en admiration et un peu jalouse il faut bien le reconnaître, d’artistes comme Clover Robin, Andrea d’Aquino, Maxine Sutton et plus récemment encore de Clare Young. Je ne me lasse pas d’observer et d’analyser leurs illustrations. Chacune a son style et son approche du collage et donc, chacune a quelque chose en propre qui me touche et qui m’attire. Pour Clover Robin, ce sont ses thèmes qui sont proches des miens, ses découpages délicats, pleins de nuances et de fraîcheur. Andrea d’Aquino : elle est une des maîtres de la discipline actuellement. Elle a écrit un livre et on retrouve régulièrement ses collages dans des magazines tels que Flow. Maxine Sutton, c’est un peu autre chose. Je ne suis pas tout à fait sûre qu’elle voudrait être classée parmi les artistes « collagistes », mais elle m’inspire. J’aime ses réalisations abstraites, l’équilibre des couleurs et des formes, le jeu des proportions, le contraste entre les formes et les traits dessinés, brodés ou sérigraphiés. Et puis Clare Young, c’est ma dernière découverte. J’ai acheté son livre qui est plein d’inspiration et que j’aime beaucoup. D’elle, je retiens d’abord son approche en deçà du collage qui consiste à créer ses papiers pour les utiliser ensuite dans le collage. Elle a raison : faire ses papiers donne finalement l’ADN du collagiste, ses papiers pouvant devenir ce qui le caractérise et le distingue.

collage d’Andrea d’Aquino

Faire son papier

C’est peut-être ce qui m’attire en tout premier dans le collage : faire son papier. Ou plutôt, j’aime l’idée de pouvoir recycler des éléments de peintures et des dessins, explorer des techniques en me disant que le résultat n’a pas besoin d’être abouti et réussi, parce qu’il sera uniquement réutilisé dans une nouvelle illustration. Cela me donne aussi une excuse toute trouvée pour « faire des marques » sur le papier, c’est à dire, s’amuser comme un enfant avec tout ce qui vous tombe sous la main. J’aime aussi beaucoup l’idée de collecter des papiers trouvés, des textures, des imprimés. Cela correspond à une tendance que j’ai depuis le début de mes créations où j’ai toujours aimé accumulé, associer des éléments qui n’ont pas grand chose à voir entre eux, mais qui, ensemble, vibrent par leur contraste.

 

Peut-être bien mon ADN créatif

« Parce que c’est ça que j’aime surtout, surtout : c’est mélanger, jouer des imprimés, des matières, se faire additionner des petits riens, chiner, recycler, juxtaposer, mixer, décaler. J’aime les patchworks de tissus, de matières et de couleurs » : voilà comment je me présentais dès le début de mon site et de ma boutique. Voici aussi mes premiers objets, un lustre et une lampe, et puis mes pulls que j’aurais voulu avec davantage encore de motifs, mes carnets recyclés enfin. Ensuite, je me suis calmée : une illustration à la fois, variant les styles et les techniques, mais beaucoup moins de mélanges. Jusqu’à ce que le collage ramène tout cela en force.

Organisation du matériel

La grande difficulté du collage, en tout cas la mienne, tient dans la gestion du matériel et le classement des papiers. Trop de classement tue la créativité, mais insuffisamment de rangement la tue tout autant sûrement. Comme toujours, j’oscille entre ces deux pôles. Cela a véritablement constitué mon premier grand obstacle dans la pratique du collage. Je me sentais régulièrement débordée par tout ce matériel, incapable de trouver le bon papier quand j’en avais besoin, paralysée devant l’ampleur du choix et mon plan de travail complètement enseveli sous les papiers, luttant pour mettre la main sur ma paire de ciseaux ou mon tube de colle.

J’ai un peu tâté pour trouver une solution à ce problème et je crois l’avoir trouvée dans le livre Clare Young. Elle conseille de classer les papiers en : couleurs solides, imprimés, couleurs neutres, noir/blanc, dessins/textes. J’ai acheté des boîtes transparentes qui me permettent de voir facilement ce que j’ai à l’intérieur. J’ai deux casiers sur mon bureau : le premier rempli de petits sachets avec des restes de bouts de papiers selon la classification ci-dessus et le second, un « fourre-tout » qui me permet d’avoir ce taux de désordre, de spontanéité et de hasards dont j’ai besoin également. Ce système me semble bien marcher. Je ne ressens plus ou peu ce sentiment de débordement désagréable.

Collage by Mireille Marchand Collage by Mireille Marchand

Et à présent?

Après six semaines de pratique, je me sens de plus en plus curieuse et désireuse de persévérer avec ce médium. J’aime infiniment l’idée de travailler à partir de la forme (par rapport au trait pour le dessin). Je trouve incroyable la façon dont on peut réduire un sujet en quelques formes simples. De plus le collage pardonne beaucoup d’erreur. Sérieusement! Je poursuivrai, je pense, l’expérience au delà de fin janvier. Le collage ne m’a pas encore révélé tous ses secrets. Alors, si cet article vous a donné envie de ressortir vos ciseaux et vos papiers de couleurs, j’en serais ravie. Et si vous aussi pratiquez le collage, dites-le moi!

A très bientôt, Mireille

 

Et un petit échantillon de mes derniers collages pour terminer :  


Collage by Mireille Marchand

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