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Par où commencer? C’est une bonne question pour un début d’année, non? En tout cas, c’est une question que je me pose souvent… Dans un processus créatif, ça peut même être ce qui est le plus difficile. On peut connaître les techniques, avoir même une idée assez précise de ce que l’on veut, mais il y a souvent un moment de type « panique à bord » : par quoi je commence? Cette question peut être tellement paralysante qu’elle empêche parfois même de commencer. On se la pose soit :
  • parce qu’on aimerait tenter quelque chose, mais que ce quelque chose est tellement vague que, vraiment, on ne sait pas par où s’y attaquer
  • soit parce qu’il y a trop de tout : trop d’idées, trop de choses à apprendre, trop de questions, trop d’inconnues, trop d’envies, de surcroît souvent contradictoires.
Commencer peut être déstabilisant, d’autant plus si il s’agit d’un processus créatif. C’est déstabilisant parce qu’on n’en connaît pas le résultat, parce qu’il faut passer par l’étape « est-ce que ça va donner quelque chose, ça ne ressemble à rien », parce qu’on fait face à son critique intérieur (« et si je n’y arrive pas ») et qu’il peut être redoutable et qu’on n’a qu’une envie : se tenir très loin de lui, de ne pas s’y exposer. Commencer implique d’abord de le tenir un peu à distance ou de l’apprivoiser.Pour ma part, il me faut un peu de méthode. La méthode et l’organisation rassurent beaucoup le critique et les peurs en soi. C’est rationnel, c’est rassurant. On ne va pas sortir de sa zone de confort à ce stade. Voici donc mes trois outils absolus : le mind-mapping, les listes et le mood board.
  1. Je commence avec une grande feuille sur laquelle je note mes idées en vrac et en désordre. Ce que j’ai envie, là où je voudrais aller, quel est mon objectif. Je le clarifie dans un premier temps, grâce au mind mapping (ou carte heuristique en français dans le texte). Je ne vais pas entrer dans le détail du mind-mapping (que vous connaissez probablement déjà d’une façon ou d’une autre?), mais dans les grandes lignes : c’est un schéma qui est supposé refléter le fonctionnement de la pensée, qui permet de représenter visuellement et de suivre le cheminement associatif de la pensée (voir références ci-dessous). J’adore cet outil parce qu’il correspond bien à ma façon de penser : non linéaire, mais une pensée qui va dans tous les sens. C’est une façon de prendre des notes qui suit ce flux et qui, au bout du compte, aide à rendre la pensée plus claire, plus évidente et à faire des choix.
  2. Puis j’écris toutes les étapes intermédiaires. Un gros projet devient beaucoup plus facile à appréhender quand il est fractionné en petites étapes « faisables« . Je les organise : ça en devient comme un chemin à suivre, pas après pas. C’est l’espace « todo list ». Outils simple, mais tellement efficace! Il libère la tête, donne le sentiment d’avancer au fur et à mesure que les items sont cochés. Je trouve ça très satisfaisant!
  3. Puis vient l’étape « Mood board »: je récolte des images qui m’inspirent et qui vont me donner une direction. Je découpe des images dans des magazines (je les garde dans un tiroir et les passe en revue à chaque nouveau projet) et j’en imprime d’autres collectionnées sur le web. Je les rassemble et j’arrange tout cela sur un panneau magnétique que je pourrai avoir près de moi durant tout mon projet. J’y ajouterai des mots, des morceaux de tissus ou des bouts de papier pour me guider dans le choix de ma palette de couleur, de texture ou dans une ambiance. Pour moi, le mood board est essentiel. Vraiment. C’est la meilleure façon de garder un certain focus, de se donner une direction, un cadre dans lequel évoluer.

    Mood board
    Par où commencer
  4. Et puis : commencer. Ca a l’air bête dit ainsi, mais c’est un risque que de reculer devant l’obstacle. On peut se préparer autant que l’on veut, il y a quand même un moment où il faut se lancer. Faire ce fameux premier pas. Et puis le second…

Bien sûr, commencer n’est que le début, mais c’est la différence essentielle entre avoir un projet et le réaliser. Et ce n’est pas facile de passer cette étape, cela demande parfois un peu de courage. Alors, pour 2016, je vous souhaite plein de courage, d’enthousiasme, d’envie de réaliser des choses, de commencer des projets longtemps remis à plus tard pour toutes sortes de bonnes raisons… Je vous souhaite beaucoup de bonheur!

Sites de référence :

Mind mapping

Mood Board

Heidi Sopinka's mood board

 

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Un article dans le thème de la rentrée… pour s’encourager à se lancer!

J’entends souvent autour de moi « j’aimerais bien, mais j’ai peur, je n’ose pas, et si je n’y arrivais pas, je ne sais pas, je ne suis pas sûre de savoir comment faire… ». J’avoue que c’est un problème que je connais peu. Je me lance. J’ai envie de tenter? J’essaie… Par contre, je n’échappe aux doutes qui viennent juste après : « ça n’est pas assez bien, pas comme je le voudrais, peut-être aurais-je dû…. ».

Mais je persiste. Je pense profondément qu’il faut bien commencer quelque part et ce quelque part est bien sûr imparfait. Si on attend la perfection pour se lancer, on risque d’attendre longtemps. Je pense bien sûr à mes dessins et à mes illustrations (mais à tout ce que j’ai fait auparavant, à ce blog,…). Il est probable qu’il y aura bien des choses que je n’assumerai plus très bien d’ici quelques temps… ça m’est d’ailleurs déjà arrivé, et très souvent. Mais c’est ok : voilà, c’est là où je suis, ce que je sais, ce que je suis capable de faire aujourd’hui. C’est ainsi. Cette illustration, si elle n’est pas parfaite est un pas nécessaire pour que la suivante le soit davantage. Le dessin d’après se construit de celui qui précède. J’aime voir les choses comme ça.

On pourrait d’ailleurs parler de perfection, bien sûr. J’ai réalisé que je ne recherche pas ça dans mes dessins. Qu’au contraire, j’aime les lignes hésitantes, comme si le côté imparfait des choses les rendait plus vivants. Renoncer à vouloir un résultat parfait, c’est le meilleur moyen d’en être satisfait davantage. « Ca n’est pas parfait, mais la perfection n’est pas ce que je recherche! » est un peu mon motto en ce moment.

Alors, commençons quelque part, par ce dessin, par cet article, par cette recette, par ces quelques notes, par….. et regardons où cela nous mène. C’est ok de ne pas savoir, de ne pas savoir exactement comment nous ferons pour mener à bien notre projet ou concrétiser notre envie, de ne pas connaître la prochaine étape. Et c’est aussi ok d’échouer, de renoncer en route, de changer, de voir le projet évoluer vers autre chose. C’est même drôlement excitant et intéressant! Trust the process!… Faire confiance au processus.

Le premier pas pour commencer, c’est peut-être de trouver juste quel pourrait être le premier pas à faire et de… commencer!

Et vous? Par quoi commencez-vous?

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A special post for the end of the holidays… to encourage you to get started!

I often hear around me « I would love to, but I’m afraid I do not dare, and if I could not, I do not know, I’m not sure how to do .. . « . I admit that this is a problem that I know little. I’m going for it. I want to try? I try … By cons, I can escape the doubts that come after it: « it is not enough, not as I would like, maybe I should have …. ».

But I persist. I believe deeply that we must start somewhere and that somewhere is of course imperfect. If perfection is expected before starting, we may wait a long time. I refer of course to my drawings and my illustrations (but also to everything I’ve done before, this blog …). It is likely that there will be many things that I won’t assume very well in a few times … it is already, and quite often, happened to me. But that’s ok: here is where I am, this is what I’m capable of doing today. This illustration, though not perfect, is  necessary in order that the following one is much more effective. I like to see things like that.

One could also speak of perfection, of course. I realized that I did not search it in my drawings. On the contrary, I like the hesitant lines, as if the imperfect side of things made them more vibrant. Give up wanting a perfect result is the best way to be more satisfied. « It’s not perfect, but perfection is not what I’m looking for! » is kind of my motto now.

So let’s start somewhere, with this drawing, this article,  this recipe, these few notes, ….. and look where it takes us. It’s ok not to know, not to know exactly how we will carry out our project or achieve our desire, not knowing the next step. And it is ok to fail, to give way, to change, to see the project evolve into something else. It is even awfully exciting and interesting! Trust and enjoy the process!

The first step to start, perhaps it is to find just what could be the first step in … and getting started!

And you? Where do you start? What is your first step?

planche

Je voulais, avant la pause des vacances d’été, écrire deux articles sur le travail à l’atelier : l’un sur le travail à la planche à dessin et l’autre, pour la semaine prochaine, sur le travail à l’ordinateur. Je ne vais pas aborder ici l’aspect technique, mais plutôt l’aspect organisationnel et autour de l’état d’esprit à cultiver, des pièges à éviter.

Donc, pour aujourd’hui, la planche à dessin. Travailler à la planche à dessin demande à priori très peu de choses : du papier, de quoi dessiner ou peindre (pour moi, c’est simple : crayon et feutres noirs d’épaisseurs diverses). Et puis, surtout, d’un peu de temps devant soi. J’avais écrit un article sur le processus créatif où je parlais déjà beaucoup de la difficulté de commencer justement. Aujourd’hui, je vais plutôt développer l’état d’esprit à cultiver. C’est, après celle qui consiste à commencer, probablement ce qu’il y a de plus crucial. Je pense qu’on est beaucoup, voire tous, à avoir un critique intérieur très puissant. qui parle très très fort, qui juge approchant tout ce que l’on pourrait tenter oser de faire. Et ça, c’est destructeur de façon générale, mais encore plus ici, dans le travail à la planche à dessin. Parce que pour oser commencer, travailler, essayer, se risquer, il faut développer de la bienveillance envers soi-même et envers son travail, beaucoup de bienveillance. Ca n’est pas facile. C’est en cela que le travail à la planche à dessin est difficile : cela signifie en gros affronter ce critique intérieur. C’est là tout le challenge à mon avis. Ce travail implique de garder du mieux qu’on peut son critique intérieur très loin de soi, se donner le droit de « pétouiller », de faire des erreurs (ça c’est essentiel!), de ne pas « faire joli », d’apprendre, de ne pas savoir, de perdre son temps. J’ai beaucoup appris à ce sujet à mon cours de graphisme. Etrangement, c’est peut-être ce que j’y ai appris de plus important : développer une idée prend du temps, alors, on y travaille. Passer deux heures devant son bloc de papier et dessiner, faire des croquis, reprendre, passer à autre chose, puis y revenir, développer, avoir envie de s’arrêter, se dire qu’on n’a plus d’idées, regarder autour de soi et puis, une nouvelle idée, l’essayer, essayer encore et encore. Et recommencer. Et que ça soit normal!

Pour m’entraîner à tout cela à la maison, quand ce n’est pas si facile de mettre deux heures à part pour griffonner du papier, j’ai développé deux-trois astuces qui me permettent de m’installer derrière mon bureau :

  • Se fixer un temps pour travailler. Le prévoir dans son planning. Prévoir aussi le temps que je vais y consacrer. Deux heures, c’est le plus souvent un peu trop ambitieux. Mais une heure est extra : suffisant pour pouvoir s’impliquer dans la pratique, mais pas trop pour ne pas oser s’y lancer!
  • Prévoir une bonne tasse de café au lait!
  • Savoir ce que je vais travailler à l’avance. J’ai eu ma période fleurs et plantes (apprendre à les styliser, à jouer avec leurs formes), puis ma période mains, puis le corps humain en général, les mouvements, imaginer des personnages. En ce moment, je suis très « maisons ».
  • Organiser aussi la méthode , en variant le type de dessin : dessin d’observation (soit à partir de la réalité ou de photos), dessin de mémoire ou un peu des deux.
  • Faire des pauses. C’est plus important que ça en a l’air… Prendre un peu de recul permet de ne pas tout jeter ou de s’orienter un peu différemment.

Etre bienveillant, c’est accepter que dans ce processus il y a beaucoup de déchets. Pour un bon croquis, il y en a généralement beaucoup de moins bons. Et c’est ok. Même si, avec le temps, je découvre que même un croquis un peu décevant peut être retravaillé, découpé… on peut tout aussi bien décalquer une partie intéressante et améliorer ce qui peut l’être. Donc, idéalement, avoir autour de soi : photocopieuse-imprimante, papier calque et ciseaux. Et je ne parle pas ici de ce qui peut être fait à l’ordinateur… Donc, attention de ne pas avoir de jugement trop hâtif et de jeter à tout va. L’idéal est de regarder ses croquis quelques jours plus tard, avec un peu de recul…

Et puis se dire aussi, qu’avec le temps, ça devient plus facile. On développe petit à petit une forme de confiance en soi, en son travail. On réalise très concrètement que notre technique évolue, que sa main devient plus sûre. On apprivoise probablement un peu tout cela et le critique surtout, en tout cas certains jours. Ce qui est un gros progrès!

La semaine prochaine, je vous parlerai du travail à l’ordinateur, qui a d’autres règles et d’autres pièges…

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